Révolte séculaire contre la loi de Dieu

Le plan du premier menteur a été de calomnier le caractère de Dieu et de fomenter la révolte contre sa loi.

Dès le début du grand conflit, le plan du premier menteur a été de calomnier le caractère de Dieu et de fomenter la révolte contre sa loi. Aussi ce dessein semble-t-il avoir été couronné de succès, puisque les multitudes prêtent l’oreille à ses séductions et se révoltent contre le Seigneur. La première attaque de Satan contre la loi divine eut lieu parmi les innocents habitants du ciel et rallia un grand nombre d’anges. Mais cette victoire apparente se transforma bientôt en une défaite qui entraîna leur séparation d’avec Dieu et leur expulsion de la demeure céleste.

Lorsque la lutte fut transportée sur notre planète, Lucifer remporta de nouveau un certain avantage. L’homme pécha, devint captif du grand rebelle et lui livra honteusement son royaume. Désormais, la voie semblait largement ouverte devant Satan pour établir ici-bas un gouvernement indépendant constituant un défi lancé à l’autorité de Dieu et de son Fils. C’est alors que parut le plan du salut permettant à l’homme de retrouver la faveur de Dieu et d’obéir à sa loi, plan qui laissait entrevoir le rachat final de l’humanité et de son domaine terrestre tombé sous la puissance du Malin.

Battu pour la seconde fois, Satan conçut l’espoir de transformer sa défaite en victoire. Il sema la révolte au sein de l’humanité déchue en accusant Dieu d’injustice pour avoir permis à l’homme de violer ses commandements. « Pourquoi, demanda le rusé tentateur, Dieu, qui connaissait l’avenir, a-t-il soumis l’homme à une épreuve? Pourquoi l’a-t-il exposé au péché, à l’infortune et à la mort? Et les enfants d’Adam, oubliant la restauration miséricordieuse qui leur était offerte, et perdant de vue le sacrifice incommensurable que leur désobéissance allait coûter au Roi du ciel, prêtèrent l’oreille au séducteur et se mirent à murmurer contre le seul Être qui put les sauver de son pouvoir destructeur!

Ils se comptent aujourd’hui par milliers ceux qui font écho à cette plainte déloyale. Ils ne voient pas que si Dieu les privait du droit de choisir entre le bien et le mal, il leur ôterait tout ce qui constitue la noblesse de l’homme et les réduirait, privés de volonté et dépouillés de tout libre arbitre, à l’état de simples automates.

Ils ne se rendent pas compte que leur obéissance, comme celle des habitants des autres mondes, doit être mise à l’épreuve, d’autant plus que l’homme ne sera jamais obligé de céder au mal, ni placé devant une tentation irrésistible.

En se multipliant sur la terre, les hommes passèrent presque tous du côté du Révolté. Une fois de plus, celui-ci crut tenir la victoire, mais le déluge envoyé par le Tout-Puissant enraya les progrès de l’iniquité et purifia la terre de ses souillures. « Lorsque tes jugements s’exercent sur la terre, dit le prophète Ésaïe, les habitants du monde apprennent la justice. Si l’on fait grâce au méchant, il ne comprend pas les leçons de la justice. Il fera le mal dans le pays de la droiture. » (Ésaïe 26:9,10) Il en fut ainsi après le déluge. À l’abri des jugements de Dieu, les hommes se rebellèrent de nouveau contre lui, rejetant son alliance et ses lois.

Un peuple dépositaire de la loi

À ce moment-là, l’Éternel fit alliance avec Abraham et se choisit un peuple dont il fit le dépositaire de sa loi. Pour faire échouer ce projet, Satan prépara immédiatement ses pièges en vue de pousser les enfants de Jacob à se marier avec les païens et à se prosterner devant leurs idoles. Mais Joseph resta fidèle à son Dieu et fut un témoin courageux de la vraie foi. Rien ne put éteindre en lui cette lumière. Satan eut beau exploiter l’envie de ses frères et le faire vendre comme esclave dans un pays idolâtre, Dieu fit servir cet événement à la propagation de son nom au pays d’Égypte.

La crainte de Dieu et les connaissances qu’il acquiert dans la maison de Potiphar, puis dans sa prison, préparent Joseph à devenir premier ministre au pays des Pharaons. Il entre dans le palais de ces rois, et son ascendant se fait bientôt sentir à travers l’Égypte, alors que la connaissance de Dieu se répand dans toutes les directions. Descendus dans ce pays, les fils de Jacob y deviennent riches et prospères, et ceux d’entre eux qui restent fidèles au Seigneur y exercent une profonde influence.

Voyant que la nouvelle religion est reçue avec faveur, les prêtres idolâtres commencent à s’alarmer. Poussés par Satan à la révolte contre le Dieu du ciel, ils s’efforcent d’inspirer cette haine à l’héritier du trône.

Pendant les quarante ans que dura l’exil de Moïse an pays de Madian, l’idolâtrie sembla triompher chez ses frères. D’année en année, chez ceux-ci, la foi s’amoindrissait. Fiers de leur puissance, le Pharaon et le peuple se moquaient du Dieu d’Israël. Cet esprit d’hostilité arrogante atteignit son apogée sous le monarque régnant an moment où Moïse vint lui réclamer l’affranchissement de son peuple. Car ce ne fut pas ignorance, mais insolence blasphématoire de sa part, lorsqu’il répondit : « Qui est l’Éternel, pour que j’obéisse à sa voix? … Je ne connais pas l’Éternel. »

Dieu donna encore aux Égyptiens l’occasion de se convertir malgré leur persistance dans l’incrédulité. Il n’oublia pas qu’aux jours de Joseph l’Égypte fut un asile pour Israël et que ce peuple témoigna des sentiments de bonté qui honorèrent l’Éternel. Aussi, dans sa compassion et sa longanimité, il espaça ses jugements de manière à leur donner le temps de rentrer en eux-mêmes. Frappés par les objets mêmes qu’ils avaient adorés, ils pouvaient se convaincre de la puissance de Dieu. Et tous ceux qui se soumirent à lui échappèrent aux châtiments, résultat auquel contribuèrent l’opiniâtreté et le fanatisme dn Pharaon.

À cause de la tendance des descendants de Jacob de s’allier avec les païens et de pactiser avec l’idolâtrie, Dieu permit leur émigration en Égypte, où l’influence de Joseph et les circonstances devaient faire en sorte qu’ils soient séparés du reste du monde. Le grossier fétichisme des Égyptiens et leur cruauté à l’égard des Hébreux durant la dernière partie de leur séjour chez eux auraient dû inspirer à ces derniers l’horreur de l’idolâtrie et les pousser à s’attacher au Dieu de leurs pères. Mais Satan tira habilement parti des événements pour influencer les Israélites et les entraîner à suivre les pratiques de leurs maîtres païens. En outre, comme il ne leur fut pas permis, durant leur esclavage, d’offrir des sacrifices, en raison de la vénération superstitieuse dont les Égyptiens entouraient les animaux, leur esprit ne fut plus attiré par ces cérémonies vers le céleste sacrificateur.

Quand arriva le temps de la délivrance, Satan se prépara à maintenir dans l’ignorance et la superstition le peuple d’Israël qui comptait alors plus de deux millions d’âmes. Ce peuple que Dieu avait promis de bénir, de multiplier et de rendre puissant sur la terre; ce peuple par lequel il pensait révéler la connaissance de sa volonté et dont il allait faire le gardien de sa loi, — Satan s’efforçait de le retenir dans les chaînes de l’esclavage au point d’effacer de sa mémoire jusqu’au souvenir de son Dieu. Pour cela, il s’attacha d’abord à neutraliser, en les contrefaisant devant le Pharaon, l’effet des miracles de Moïse. Mais il ne réussit qu’à provoquer de plus éclatantes manifestations de la puissance et de la gloire divines, et qu’à rendre plus évidentes l’existence et la souveraineté du Dieu vivant et vrai. Ce fut même en frappant de ses jugements les dieux de l’Égypte que l’Éternel délivra Israël.

Il fit avancer son peuple au milieu des cris d’allégresse,

Et ses élus au milieu des chants de triomphe…

À condition qu’ils garderaient ses commandements,

Et pratiqueraient ses lois.

(Psaume 105:43-45)

L’idolâtrie au Sinaï

En arrachant les Hébreux à un état de servitude pour les amener dans un bon pays qu’il leur avait préparé, Dieu voulait les attirer tout près de lui et les entourer de ses bras paternels. En retour de tant de bonté et de miséricorde, il allait leur demander de n’avoir point d’autres dieux que lui, le Dieu vivant, et d’exalter son glorieux nom sur toute la terre.

Pour cela, il les amena au Sinaï, où, de sa propre voix, il leur fit entendre ses commandements. Mais Satan et ses anges étaient sur les lieux et se préparaient, au moment même où Dieu proclamait sa loi, à faire tomber Israël dans le péché. Ce peuple que l’Éternel s’est choisi, l’ennemi se propose de le lui arracher à la face du ciel et de l’entraîner dans l’idolâtrie, sachant bien que l’homme ne peut s’élever moralement aussi longtemps qu’il adore des êtres qui lui sont inférieurs ou des objets qu’il a fabriqués de ses propres mains. Satan sait qu’il aura gagné la partie s’il parvient à aveugler l’homme an point de lui faire oublier la puissance, la majesté et la gloire du Dieu infini en lui substituant une image taillée ou même un quadrupède ou un reptile, et s’il réussit à lui faire perdre de vue qu’il est d’origine divine et créé à l’image de Dieu, pour le courber devant des objets révoltants ou ridicules. L’homme sombre alors dans l’immoralité et s’abandonne aux plus viles passions.

Le séducteur poursuivra donc au pied même du Sinaï l’oeuvre qu’il a commencée dans le ciel. Durant les quarante jours que Moïse passe avec Dieu sur la montagne, il travaille activement à semer le doute, la révolte et l’apostasie parmi le peuple. Au moment même où le Seigneur écrit sa loi pour la confier à Israël, celui-ci abandonne son Créateur et réclame des dieux d’or! Et quand Moïse sort de l’auguste et terrifiante présence, apportant avec lui les divins préceptes que le peuple s’est engagé à observer, et le trouve foulant aux pieds ces mêmes statuts et se prosternant avec insolence devant une image de métal!

En poussant les enfants d’Israël à ce comble d’impiété, Satan croit avoir atteint son but. Maintenant qu’ils se sont vautrés dans le blasphème et la dégradation, pense-t-il; maintenant qu’ils ont perdu tout sentiment des nombreux bienfaits de Dieu, comme aussi tout souvenir de leurs voeux d’obéissance réitérés et solennels, l’Éternel va les rejeter et les livrer à la destruction. Ainsi sera consommée l’extinction de la postérité d’Abraham qui devait conserver la connaissance du Dieu vivant, et d’où devait sortir la vraie postérité, le vainqueur de Lucifer!

Dans cet espoir d’anéantir le plan de Dieu, le grand rebelle devait encore être déçu. Si prévaricateurs qu’ils étaient, les Hébreux ne furent pas anéantis. Ceux d’entre eux qui se rangèrent du côté de Satan furent retranchés. Le reste du peuple, humilié et contrit, fut reçu en grâce.

Tout l’univers, témoin des scènes du Sinaï, put constater par leurs résultats la différence entre le règne de Dieu et celui de Satan. Une fois encore les saints habitants des autres mondes purent contempler, par les fruits de l’apostasie d’Israël, le régime que Lucifer aurait établi dans le ciel.

En poussant les hommes à violer le second commandement, Satan cherchait à ravaler leur conception de l’Être suprême. En annulant le quatrième, il voulait les amener à oublier l’Éternel.

En effet, selon ce commandement, les droits de Dieu à être obéi et à être seul adoré ont pour base le fait qu’il est le Créateur de tous les êtres. La Bible est formelle sur ce point. On lit dans le prophète Jérémie :

« L’Éternel est le vrai Dieu; il est le Dieu vivant, le Roi éternel. … Ils disparaîtront de dessus la terre et de dessous les cieux, ces dieux qui n’ont fait ni les cieux ni la terre. C’est l’Éternel qui a créé la terre par sa puissance, affermi le monde par sa sagesse, étendu les cieux par son intelligence. … Tout orfèvre [aura] honte de son idole; car les statues de fonte ne sont que mensonge : il n’y a point de souffle en elles. Elles ne sont que vanité, oeuvre de néant; elles périront au jour du châtiment. Il n’en est pas ainsi de celui qui est l’héritage de Jacob; car c’est lui qui a créé toute chose. » (Jérémie 10:10-12, 14-16)

Le jour du repos

Le jour du repos, mémorial de l’oeuvre créatrice, nous rappelle que Dieu est le Créateur des cieux et de la terre. Témoin constant de son existence, il nous montre sa grandeur, sa richesse et son amour. Par conséquent, si le jour du repos avait toujours été sanctifié, il n’y aurait jamais eu sur la terre d’idolâtres ni d’athées.

L’institution du jour de repos, qui date du jardin d’Éden, est donc aussi ancienne que le monde. Ce jour a été dès lors observé par tous les patriarches. Durant la servitude d’Égypte, contraints par leurs chefs de corvée de violer le sabbat, les Israélites avaient presque complètement perdu la notion de sa sainteté. Lorsque la loi fut proclamée au Sinaï, les premiers mots du quatrième commandement furent : « Souviens-toi du jour du repos pour le sanctifier », ce qui prouve que le sabbat avait été institué antérieurement, c’est-à-dire, comme le dit ce même commandement, lors de la création. C’est pour extirper l’idée de Dieu de l’esprit des hommes que Satan s’est efforcé de renverser ce grand mémorial, bien convaincu que s’il peut les amener à oublier leur Créateur, nul ne s’efforcera plus de résister à la puissance du mal, et que lui, Satan, restera le maître incontesté.

L’obéissance aux parents

L’inimitié de Satan pour la loi de Dieu l’a entraîné à combattre tous les préceptes du Décalogue. Le principe de l’amour filial et de l’obéissance aux parents se rattache intimement à celui de l’amour et de l’obéissance envers Dieu, le Père de tous les êtres.

Le mépris pour l’autorité paternelle engendre bientôt le mépris pour l’autorité divine. De là les efforts de l’ange tombé pour affaiblir l’obligation du cinquième commandement. Parmi les païens, le respect des parents n’a

jamais été en vogue. Chez bien des peuples, on abandonnait les parents âgés ou on les mettait à mort dès qu’ils ne pouvaient plus se suffire à eux-mêmes. La mère de famille était traitée avec peu de respect, et, à la mort de son mari, on la plaçait sous l’autorité du fils aîné. Moïse avait ordonné l’obéissance filiale; mais lorsqu’ils s’éloignaient de Dieu, les Israélites négligeaient le cinquième commandement comme les autres.

Satan « a été meurtrier dès le commencement » (Jean 8:44). Aussi, dès qu’il eut établi son ascendant sur la terre, il incita les hommes non seulement à se haïr et à se tuer les uns les autres, mais, pour porter un défi plus audacieux à l’autorité divine, à faire de la violation du sixième commandement une partie de leur religion.

Grâce à une conception pervertie des attributs de la divinité, les nations païennes en étaient venues, pour apaiser leurs dieux, à croire à la nécessité des sacrifices humains. D’horribles cruautés étaient alors commises sous diverses formes d’idolâtrie, notamment la coutume de faire passer les enfants par le feu en présence des idoles. Quand un enfant sortait sain et sauf de l’épreuve, on en concluait qu’il était agréé des dieux. Dès lors, on le tenait en grande estime, au point que ses crimes, si graves qu’ils fussent, n’étaient jamais punis. Mais si, en passant par le feu, il recevait quelque brûlure, son sort était scellé, et le courroux des dieux ne pouvait être apaisé qu’en sacrifiant sur un autel la vie de cet infortuné. Aux pires époques de leurs apostasies, les Israélites allèrent jusqu’à pratiquer ces abominations.

Rites immoraux du paganisme

Le septième commandement fut aussi très tôt violé au nom de la religion. Des rites d’une immoralité éhontée étaient incorporés aux cultes idolâtres. Les dieux mêmes se présentaient comme des êtres impurs, et leur adoration encourageait à se livrer sans retenue aux passions les plus viles. Les vices contre nature étaient à l’ordre du jour, et les fêtes religieuses, caractérisées par un dérèglement public et universel.

La polygamie entra de bonne heure dans les moeurs. Ce fut l’un des péchés qui attirèrent la colère de Dieu sur le monde antédiluvien, ce qui n’empêcha pas cette pratique de se généraliser de nouveau après le déluge, car Satan apporta un soin tout particulier à pervertir l’institution du mariage, à en affaiblir l’obligation et à en dénigrer la sainteté. Il était convaincu qu’il n’y a pas de moyen plus sur d’effacer en l’homme l’image de Dieu qu’en le plongeant dans le malheur et dans le vice.

Dès le début du grand conflit, le plan du premier menteur a été de calomnier le caractère de Dieu et de fomenter la révolte contre sa loi. Aussi ce dessein semble-t-il avoir été couronné de succès, puisque les multitudes prêtent l’oreille à ses séductions et se révoltent contre le Seigneur.

Néanmoins, au milieu même du triomphe apparent de la puissance du mal, le plan divin s’accomplit lentement mais sûrement. À tous les êtres créés, Dieu révèle sa justice et sa bienveillance. Si, capté par les pièges de Satan, tout le genre humain a été dans le mal, le Créateur lui a ouvert, par le sacrifice de son Fils, une porte de salut, en lui donnant la force de pratiquer ses commandements. C’est ainsi que, de siècle en siècle, du sein même de l’apostasie générale, Dieu recrute un « peuple qui porte sa loi dans son coeur » (Ésaïe 51:7).

C’est par la ruse que Satan a séduit les anges; c’est ce moyen qu’il a de tout temps employé auprès de l’humanité, et auquel il aura recours jusqu’à la fin. S’il déclarait ouvertement qu’il fait la guerre à Dieu et à sa loi, les hommes se tiendraient sur leurs gardes. Mais il se déguise; et mélange la vérité à l’erreur, et, grâce à ce manège, il réussit à faire prévaloir des doctrines captivantes qui entraînent le monde à sa perte.

Cependant le jour approche où le triomphe du grand séducteur prendra fin pour jamais. L’oeuvre qu’il poursuit dans l’ombre depuis si longtemps sera démasquée. Les effets de son règne et les fruits de la violation des divins statuts seront dévoilés aux yeux de tous les êtres créés. La loi de Dieu sera pleinement revendiquée. On constatera que les voies du Très-Haut ont toujours eu pour but le bien éternel de son peuple et de tous les mondes qu’il a créés. En présence de tout l’univers, Satan lui-même confessera la sainteté de la loi de Dieu et la justice de son gouvernement.

Le temps n’est pas éloigné où le Seigneur vengera son autorité outragée. « Voici que l’Éternel sort de sa demeure, pour punir l’iniquité des habitants de la terre. » (Ésaïe 26:21)

« Qui pourra soutenir le jour de sa venue? Qui pourra subsister quand il paraîtra? » (Malachie 3:2) Lorsque Dieu devait descendre sur le mont Sinaï pour proclamer sa loi, il avait été interdit de s’approcher de la montagne sous peine d’être consumé par la gloire de sa présence. Si la proclamation de la loi a été entourée de semblables précautions, quelle ne sera pas la majesté de son tribunal, quand il viendra punir les transgresseurs de ses préceptes sacrés? Comment ceux qui ont foulé aux pieds son autorité pourront-ils soutenir sa gloire au grand jour des rétributions finales?

Les terreurs du Sinaï représentaient au peuple les scènes du dernier jugement. Le son d’une trompette convoquait alors tout Israël à la rencontre de Dieu. Mais ici, ce sera « la voix de l’archange » et la « trompette de Dieu » qui appelleront de toutes les extrémités de la terre les vivants et les morts en la présence de leur Juge. Entourés d’une multitude d’anges, le Père comme le Fils étaient descendus sur la montagne. Au grand jour du jugement, Jésus-Christ « viendra dans la gloire de son Père » et « dans sa gloire, avec tous les anges », et « alors il s’assiéra sur son trône de gloire » et « toutes les nations seront rassemblées devant lui » (Matthieu 16:27; 25:31).

Quand la présence divine se manifesta au sommet enténébré de la montagne, la gloire de l’Éternel, aux yeux de tout Israël, ressemblait à un feu dévorant. Mais quand le Fils de Dieu paraîtra dans sa gloire et celle de ses anges, toute la terre sera comme embrasée par l’éclat de sa majesté.

Il vient, notre Dieu, et il ne se tait point;

Devant lui est un feu dévorant,

Autour de lui une tempête furieuse.

Il convoque les cieux d’en haut,

Ainsi que la terre, pour juger son peuple.

(Psaume 50:3,4)

Un « fleuve de feu sortira de devant lui », qui fera « fondre les éléments »; la terre, avec tout ce qu’elle renferme, sera consumée « lorsque le Seigneur Jésus apparaîtra, venant du ciel, avec les anges de sa puissance, au milieu des flammes de feu, pour faire justice de ceux qui ne connaissent point Dieu et qui n’obéissent pas à l’Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ » (2 Thessaloniciens 1:7,8).

Jugement des transgresseurs de la loi

Depuis la création, jamais l’homme n’avait contemplé un spectacle aussi terrifiant que celui de la promulgation de la loi au Sinaï. Au son de la voix divine, semblable à un puissant son de trompette, la nature entra en convulsions, la montagne fut secouée de la base au sommet, et les enfants d’Israël, pâles et tremblants de terreur, se jetèrent la face contre terre.

La terre trembla, les cieux se fondirent devant Dieu;

Le Sinaï même trembla devant Dieu, le Dieu d’Israël.

(Psaume 68:9)

Or, celui dont la voix ébranla alors la terre a fait cette déclaration : « J’ébranlerai encore une fois, non seulement la terre, mais aussi le ciel. » « L’Éternel rugit du haut du ciel; il fait entendre sa voix du haut de sa demeure sainte. » « L’Éternel rugit, il fait retentir sa voix; les cieux et la terre en sont ébranlés. » (Hébreux 12:26; Jérémie 25:30; Joël 3:16)

En ce grand jour qui approche, « le ciel se retirera comme un livre qu’on roule; toutes les montagnes et toutes tes îles seront jetées hors de leurs places » (Apocalypse 6:14). « La terre chancellera comme un homme ivre; elle sera secouée comme une cabane; son iniquité tombe sur elle; elle tombe et ne peut plus se relever! » (Ésaïe 24:20, version Ostervald)

« C’est pourquoi toutes les mains sont défaillantes, et tout coeur d’homme se fond. … Ils se regardent l’un l’autre avec stupeur. Ils sont frappés d’épouvante, saisis de douleurs et d’angoisses. … Je punirai le monde pour sa malice; … je ferai cesser l’orgueil des superbes, et j’abattrai l’insolence des tyrans. » « Partout l’épouvante. … Tous les visages sont devenus livides. » (Ésaïe 13:7,8,11; Jérémie 30:6)

Quand Moïse, après son tête-à-tête avec Dieu, redescendit de la montagne, Israël, coupable, ne put supporter l’éclat de son visage. Combien moins les pécheurs pourront-ils regarder le Fils de Dieu lorsqu’il paraîtra enveloppé de la gloire de son Père et entouré de toute l’armée céleste, quand il viendra pour exécuter la sentence prononcée contre les transgresseurs de sa loi et les contempteurs de son sacrifice expiatoire! Alors « des rois de la terre, les grands, les capitaines, les riches, les puissants… se cacheront dans les cavernes et dans les rochers des montagnes; et ils diront aux montagnes et aux rochers : Tombez sur nous; dérobez-nous à la vue de celui qui est assis sur le trône, et à la colère de l’Agneau! Car il est venu, le grand jour de son courroux! Et qui pourrait subsister? » (Apocalypse 6:15-17)

« En ce jour-là, ils jetteront aux rats et aux chauves-souris les idoles d’argent et les idoles d’or; … et ils se réfugieront dans les fentes des rochers, dans le creux des montagnes, pour fuir devant la terreur qu’inspire l’Éternel et devant l’éclat de sa majesté, quand il se lèvera pour frapper d’effroi la terre. » (Ésaïe 2:20,21)

Les hommes se rendront compte alors que la révolte de Satan doit s’achever par sa perte et celle de tous ses adeptes. Au lieu que la transgression ait produit des résultats heureux, on verra que « le salaire du péché, c’est la mort » (Romains 6:23).

« Car voici que le jour vient, ardent comme une fournaise. Tous les orgueilleux et tous ceux qui font le mal seront comme du chaume, et le jour qui vient les embrasera, dit l’Éternel des armées; et il ne leur laissera ni racine ni rameau. » (Malachie 4:1) Satan, la racine du mal, et les méchants, ses rameaux, seront consumés. Le péché et les malheurs sans nom qui en ont découlé auront pris fin. Le Psalmiste écrit par anticipation :

Tu as réprimandé les nations; tu as fait périr les méchants;

Tu as effacé leur nom pour toujours, à perpétuité.

(Psaume 9:6)

Au sein de l’ouragan de la colère divine, les croyants seront sans crainte : « L’Éternel sera un refuge pour son peuple, une forteresse pour les enfants d’Israël. » (Joël 3:16) Le jour qui verra la terreur et la destruction des transgresseurs de la loi de Dieu apportera aux fidèles « une joie ineffable et glorieuse ». L’Éternel dira alors :

Rassemblez-moi mes fidèles,

Qui ont scellé leur alliance avec moi par un sacrifice

Et les cieux proclameront sa justice;

Car c’est Dieu lui-même qui va juger.

(Psaume 50:5,6)

« Et vous verrez de nouveau la différence qu’il y a entre le juste et le méchant, entre celui qui sert Dieu et celui qui ne le sert pas. » (Malachie 3:18) « Écoutez-moi, vous qui connaissez la justice, Ô peuple qui porte ma loi dans ton coeur!… J’ai retiré de ta main la coupe d’étourdissement; tu ne boiras plus désormais au calice de mon courroux. … C’est moi, c’est moi qui vous console. » (Ésaïe 51:7,22,12) Car « quand les montagnes s’effondreraient, quand les collines s’ébranleraient, ma bonté pour toi ne faiblira point et mon alliance de paix ne sera pas ébranlée, dit l’Éternel, qui a compassion de toi » (Ésaïe 54:10).

Le plan de la rédemption aura pour conséquence de réintégrer notre monde dans la faveur divine. Tout ce qui a été ruiné par le péché sera restauré. L’homme sera racheté, et avec lui notre globe, qui deviendra la demeure éternelle des élus. En vain, Satan aura lutté six mille ans pour en conserver la possession. Le but de Dieu sera atteint. « Les saints du Très-Haut recevront le royaume, et ils posséderont le royaume éternellement, aux siècles des siècles. » (Daniel 7:18)

« En ce jour-là, l’Éternel sera le seul Dieu, et son nom seul sera invoqué. … L’Éternel sera le roi de toute la terre. » (Zacharie 14:9)

Du soleil levant au soleil couchant,

Loué soit le nom de l’Éternel! …

(Psaume 113:3)

Ô Éternel, ta parole subsiste toujours dans les cieux. …

Tous ses commandements sont immuables.

Ils sont inébranlables, pour toujours, à perpétuité.

(Psaume 119:89; 111:7,8)

Les statuts sacrés, abhorrés par Satan, et qu’il a voulu anéantir, seront honorés dans tout l’univers. Et « de même que la terre fait pousser les plantes, de même qu’un jardin fait germer ses semences, ainsi le Seigneur, l’Éternel, fera germer la justice et la louange à la face de toutes les nations. » (Ésaïe 61:11)

(Cet article est extrait du livre Patriarches et Prophètes, Chapitre 29 « Satan et la loi de Dieu »)

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