Les 10 commandements

Ils ont été donnés pour éclairer et gouverner le monde entier.

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La loi divine proclamée à ce moment-là n’était pas destinée exclusivement aux Hébreux. … Ils ont été donnés pour éclairer et gouverner le monde entier. Ces dix préceptes courts, compréhensifs, impératifs, qui renferment les devoirs de l’homme envers Dieu et envers le prochain, sont tous fondés sur le grand principe de l’amour, ainsi formulé : « Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta force. … Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Luc 10:27; Deutéronome 6:4,5; Lévitique 19:18)

La loi révélée au Sinaï

Peu après avoir présidé à l’établissement du camp d’Israël au pied du Sinaï, Moïse fut appelé à se rendre seul sur la montagne pour recevoir les ordres de Dieu. Il gravit un sentier escarpé et rocailleux et il s’approcha d’un nuage qui marquait la présence de l’Éternel. Le moment était venu où Israël allait contracter avec le Très-Haut des relations intimes et où ce peuple serait incorporé à son gouvernement en qualité d’église et de nation.

Voici le message que Moïse fut chargé de communiquer aux enfants d’Israël : « Vous avez vu ce que j’ai fait aux Égyptiens, et comment je vous ai portés vous-mêmes sur des ailes d’aigle, et vous ai fait venir jusqu’à moi. Désormais, Si vous obéissez à ma voix, et si vous gardez mon alliance, vous serez parmi tous les peuples mon plus précieux joyau; car la terre entière m’appartient. Vous serez pour moi un royaume de prêtres, une nation sainte. » (Voir Exode 19)

Moïse redescendit au camp, réunit les anciens d’Israël, et leur répéta le divin message. Le peuple répondit : « Nous ferons tout ce que l’Éternel a ordonné. » Les Israélites contractaient ainsi une alliance solennelle avec Dieu en s’engageant à le reconnaître comme leur unique souverain, et à devenir ses sujets à un degré tout particulier.

Jusqu’ici, devant chaque désagrément, le peuple s’était laissé aller à murmurer contre Moïse et Aaron et à les accuser d’avoir fait sortir Israël d’Égypte pour le conduire à la mort. Pour cette raison, et afin qu’il ait confiance en son serviteur, Dieu va maintenant l’honorer sous ses yeux. Moïse étant remonté sur la montagne, Dieu lui dit : « Je vais aller à toi dans une épaisse nuée, afin que le peuple entende ma voix quand je te parlerai, et qu’il ait toujours confiance en toi. »

La scène au cours de laquelle le Seigneur allait proclamer sa loi devait revêtir un caractère de grandeur terrifiante qui donnerait une juste idée de son auguste majesté, comme du caractère sacré de tout ce qui se rattache à son service.

L’Éternel dit encore à Moïse : « Va vers le peuple; qu’ils se purifient tous aujourd’hui et demain, et qu’ils lavent leurs vêtements, afin d’être prêts le troisième jour; car, ce jour-là, l’Éternel descendra, à la vue de tout le peuple sur la montagne du Sinaï. » Deux jours devaient être employés par le peuple à se préparer pour cette audience avec Dieu. Les personnes et les vêtements devaient être exempts de toute impureté. À l’ouie de leurs péchés, énumérés par Moïse, il fallait qu’ils se livrent à l’humiliation, au jeûne et à la prière et bannissent de leurs coeurs toute iniquité.

Ces préparatifs terminés, Moïse reçut l’ordre de dresser une barrière autour de la montagne, afin que ni homme ni bête ne pût fouler le terrain sacré. Toute personne qui se hasarderait seulement à toucher la montagne serait mise à mort.

Au matin du troisième jour, quand les regards se tournèrent vers le Sinaï, on vit le sommet voilé par un épais nuage, qui devenait plus sombre et plus dense à mesure qu’il descendait vers la base, jusqu’à ce que toute la montagne fût enveloppée de ténèbres et de mystère. Puis retentit un son de trompette appelant le peuple à la rencontre de Dieu. Moïse en tête, la foule s’avança jusqu’au pied de la montagne. D’éblouissants éclairs s’échappaient des ténèbres, tandis que les échos des hauteurs environnantes répercutaient les grondements du tonnerre. « Or le mont Sinaï était tout en fumée, parce que l’Éternel y était descendu au milieu des flammes. Cette fumée montait comme la fumée d’une fournaise, et toute la montagne tremblait avec violence. » « La gloire de l’Éternel apparaissait aux enfants d’Israël comme un feu dévorant » (Exode 24:17), et « le son de la trompette devenait de plus en plus éclatant ». Les signes de la présence divine étaient si effrayants que le peuple, saisi de terreur, se jeta le visage contre terre devant l’Éternel. Moïse lui-même s’écria : « Je suis épouvanté et tout tremblant. » (Hébreux 12:21)

Bientôt, le tonnerre et la trompette se turent; il se fit un silence angoissant, puis la voix du Seigneur retentit, sortant d’un épais rideau d’obscurité. Et alors, debout au milieu d’un cortège d’anges, l’Éternel proclama sa loi. Plus tard, Moïse décrira cette scène en ces termes :

L’Éternel est venu du Sinaï,

Il s’est levé pour eux de Séir,

Il a resplendi de la montagne de Paran;

Il a surgi du milieu des saintes myriades;

Il a envoyé pour eux, de sa droite, le feu de sa loi.

Il aime aussi les autres peuples,

Et sa main protège tous les saints d’Israël :

Ils se sont assis à tes pieds

Pour recevoir tes paroles.

(Deutéronome 33:2,3)

Tu aimeras l’Eternel ton Dieu

Ce n’est pas uniquement sous l’auguste majesté du Juge et du Législateur que Jéhovah se révéla, mais aussi sous la figure du compatissant Gardien de son peuple. Ainsi que le démontre le préambule de la loi :

« Je suis l’Éternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude. » (Exode 20:2)

Celui qui articulait maintenant cette loi aux oreilles de son peuple était celui qu’Israël connaissait déjà comme Guide et Libérateur; celui qui l’avait fait sortir d’Égypte en lui frayant une voie à travers la mer, qui avait englouti le Pharaon et ses armées, et qui s’était ainsi montré supérieur à tous les dieux de l’Égypte.

La loi divine proclamée à ce moment-là n’était pas destinée exclusivement aux Hébreux. Si Dieu leur faisait l’honneur de les en constituer gardiens et dépositaires, c’était pour qu’ils en fissent part à tous les peuples.

Les préceptes du Décalogue sont donc destinés à toute l’humanité. Ils ont été donnés pour éclairer et gouverner le monde entier.

Ces dix préceptes courts, compréhensifs, impératifs, qui renferment les devoirs de l’homme envers Dieu et envers le prochain, sont tous fondés sur le grand principe de l’amour, ainsi formulé : « Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta force. … Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Luc 10:27; Deutéronome 6:4,5; Lévitique 19:18)

Dans les dix commandements, ces deux grands principes sont précisés de façon à s’appliquer aux conditions et aux circonstances de l’homme. Les voici :

« Tu n’auras point d’autres dieux devant ma face. » (Exode 20:3-17)

Seul Dieu, l’Être éternel, incréé, existant par lui-même, à la fois auteur et soutien de tout ce qui existe, a droit à l’adoration et à la vénération suprêmes. Ce commandement interdit à l’homme de donner à n’importe qui et n’importe quoi la première place dans ses affections et son obéissance. Tout ce qui tend à diminuer notre amour pour Dieu, ou qui entrave le service que nous lui devons, devient pour nous un dieu.

« Tu ne te feras point d’image taillée, ni aucune représentation des choses qui sont en haut dans le ciel, ici-bas sur la terre, ou dans les eaux au-dessous de la terre. Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point. »

Le second commandement défend d’honorer le vrai Dieu par l’intermédiaire d’images ou d’effigies. Un grand nombre de peuples païens ont prétendu que leurs images n’étaient que des figures ou des symboles au moyen desquels ils adoraient la divinité. Or Dieu déclare que ce genre de culte est un péché. Toute tentative de représenter l’Être éternel par des objets matériels ne peut qu’amoindrir et ravaler notre conception de

Dieu. Par les images, l’esprit, détourné des perfections infinies de l’Éternel, est attiré vers la créature plutôt que vers le Créateur. L’homme se dégrade dans la mesure où est diminuée en lui la conception de Dieu.

« Je suis l’Éternel, ton Dieu, un Dieu jaloux … » Les liens intimes qui unissent Dieu et son peuple sont comparés à ceux du mariage. L’idolâtrie est considérée comme un adultère spirituel, le déplaisir qu’elle inspire au Créateur est ici, avec beaucoup d’à-propos, appelé jalousie.

« … qui punis l’iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération de ceux qui me haïssent. » Les enfants portent inévitablement les conséquences de l’inconduite paternelle ou maternelle; mais ils ne sont punis pour les péchés de leurs parents que s’ils y participent. Il arrive néanmoins que les enfants suivent leurs traces et participent ainsi à leurs péchés, tant par hérédité que par l’exemple reçu. Les mauvaises tendances, les appétits pervertis, les moeurs relâchée, aussi bien que les maladies et la dégénérescence physique se transmettent, comme un legs fatal, de père en fils, jusqu’à la troisième et à la quatrième génération. Ce fait redoutable devrait inspirer aux hommes une crainte salutaire et les éloigner de la voie du péché.

« … et qui fais miséricorde jusqu’à mille générations à ceux qui qui gardent mes commandements. » En interdisant l’adoration des faux dieux, le second commandement ordonne implicitement l’adoration du Dieu véritable. Or, à ceux qui le servent fidèlement, le Seigneur promet de faire miséricorde, non seulement jusqu’à la troisième et à la quatrième génération, comme c’est le cas du châtiment pour ceux qui le haïssent, mais jusqu’à mille générations.

« Tu ne prendras point le nom de l’Éternel ton Dieu en vain; car l’Éternel ne tiendra point pour innocent celui qui aura pris son nom en vain. »

Ce commandement ne condamne pas seulement les faux serments et les jurons vulgaires, mais aussi l’emploi du nom de Dieu fait avec légèreté et sans tenir compte de l’effrayante signification qui s’y rattache. C’est déshonorer le Très-Haut que de répéter à tout propos son nom d’une manière irréfléchie dans la conversation ordinaire, ou de le prendre à témoin pour des questions triviales. « Son nom est saint et redoutable. » (Psaume 111:9) « Chacun devrait faire de la majesté, de la pureté et de la sainteté de Dieu un objet de méditation, au point que, pénétré du sentiment de son auguste caractère, on ne prononce jamais son saint nom qu’avec une profonde vénération.

« Souviens-toi du jour du repos pour le sanctifier. Tu travailleras six jours, et tu feras toute ton oeuvre; mais le septième jour est le repos de l’Éternel, ton Dieu : tu ne feras aucune oeuvre en ce jour-là, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes murs; car l’Éternel a fait en six jours les cieux, la terre, la mer et tout ce qui y est contenu, et il s’est reposé le septième jour. C’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du repos et l’a sanctifié. »

Le jour du repos n’est pas introduit ici comme une institution nouvelle, mais comme ayant été fondé lors de la création. L’ordre est donné de s’en souvenir et de l’observer comme mémorial de l’oeuvre du Créateur. En appelant Dieu le Créateur des cieux et de la terre, ce commandement le distingue de tous les faux dieux. Ceux qui observent le septième jour montrent par là qu’ils adorent Jéhovah. Tant qu’il y aura des hommes sur la terre pour honorer Dieu, ce jour sera le signe de leur allégeance. Le quatrième commandement est le seul, entre les dix, qui mentionne à la fois le nom et le titre du Législateur. Il est par conséquent le seul qui révèle l’autorité dont cette loi émane. Il renferme ainsi le sceau de Dieu, et la signature du Créateur proclame l’authenticité et l’obligation de sa loi.

Ayant donné aux hommes six jours pour travailler, Dieu leur demande d’achever leur ouvrage dans ce laps de temps. Les actes de miséricorde et de nécessité sont permis ce jour-là. Il faut prendre soin des malades en tout temps. En revanche, le travail non indispensable doit y être strictement évité. « Si tu cesses de fouler aux pieds le jour du sabbat, en t’occupant de tes affaires en ce jour qui m’est consacré; si tu appelles le sabbat ton jour de délices et si tu considères comme vénérable ce qui est consacré à l’Éternel; si tu honores ce jour, en n’allant pas à ton travail, et en t’abstenant de vains discours, alors tu trouveras tes délices en l’Éternel… » (Ésaïe 58:13)

« En t’abstenant de vains discours. » Ceux qui, au jour du repos, s’entretiennent de leurs affaires ou font des projets les concernant, sont, devant Dieu, aussi coupables que s’ils travaillaient. Pour sanctifier le jour du repos, nous ne devons même pas laisser notre esprit s’arrêter sur nos affaires séculières. Et le commandement concerne aussi « l’étranger qui est dans nos murs ». Durant les heures sacrées, tous les membres du foyer doivent s’unir pour honorer Dieu.

Tu aimeras ton prochain

« Honore ton père et ta mère, afin que tes jours soient prolongés sur la terre que l’Éternel, ton Dieu, te donne. »

Les parents ont droit à un degré d’affection et de respect qui n’est dû à aucune autre personne. Dieu les tient responsables des âmes qu’il leur a confiées, et il leur ordonne de tenir sa place auprès de leurs enfants durant les premières années de leur vie. Celui qui rejette l’autorité légitime de ses parents rejette donc l’autorité de Dieu. D’après le cinquième commandement, les enfants doivent non seulement respecter leurs parents et leur obéir, mais encore les entourer d’affection et de tendresse, alléger leur charge, veiller sur leur réputation, et constituer l’appui et la consolation de leur vieillesse. Ce commandement comprend également les égards dus aux pasteurs et magistrats, comme à tous ceux auxquels Dieu a confié quelque autorité.

Parlant de ce précepte, l’apôtre Paul écrit que « c’est le premier commandement accompagné d’une promesse » (Éphésiens 6:2). Pour Israël, qui s’attendait à entrer bientôt dans le pays de Canaan, la promesse envisageait une longue vie dans ce bon pays. Mais elle va plus loin : elle s’adresse à tout l’Israël de Dieu auquel est promise la vie éternelle sur une terre purifiée de la malédiction du péché.

« Tu ne tueras point. »

Toute injustice tendant à abréger la vie; tout esprit de haine ou de vengeance; toute colère qui pousse à commettre des actions préjudiciables au prochain ou même seulement à lui désirer du mal — car « quiconque hait son frère est un meurtrier » (1 Jean 3:15) — tout égoïsme qui fait négliger les soins dus aux indigents et aux malades, toutes ces choses constituent, à des degrés divers, des violations du sixième commandement.

« Tu ne commettras point d’adultère. »

Ce commandement prohibe non seulement toute action impure, mais aussi les désirs et les pensées sensuelles, comme tout ce qui peut tendre à les exciter. Plus que la pureté de la vie extérieure, Dieu nous demande celle des pensées secrètes et des émotions du coeur. Jésus-Christ, qui nous apprend la portée étendue de la loi de Dieu, déclare que la pensée ou le regard coupable est un péché aussi réel que l’acte lui-même.

« Tu ne déroberas point. »

Cette défense s’applique à des péchés tant privés que publics. Le huitième commandement interdit la chasse à l’homme, la traite des esclaves, les guerres de conquête. Il condamne le larcin et le vol avec effraction. Il exige une stricte probité dans les plus petits détails de la vie. Il défend de surfaire en matière commerciale et exige le paiement des justes dettes et des salaires. Il enseigne que tout acte consistant à tirer avantage de l’ignorance, de la faiblesse ou du malheur d’autrui est enregistré dans les livres célestes à l’égal de la fraude.

« Tu ne diras point de faux témoignage contre ton prochain. »

Sous le titre de « faux témoignages » viennent se placer toutes déclarations inexactes sur n’importe quel sujet, toute tentative et tout dessein de tromper notre prochain. Par un regard, un mouvement de la main, une expression du visage, on peut mentir aussi effectivement que par des paroles. Toute exagération intentionnelle, toute insinuation ayant pour but de donner une idée erronée, voire le récit de certains faits présentés de manière à induire en erreur, constitue un mensonge. Ce précepte interdit tout ce qui tend à compromettre la réputation du prochain par l’altération de la vérité, par des soupçons nuisibles, par la calomnie ou la médisance. La suppression intentionnelle de la vérité, qui porterait préjudice à quelqu’un, est elle-même une violation du neuvième commandement.

« Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain; tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son boeuf, ni son âne, ni aucune chose qui soit à ton prochain. »

En interdisant le désir égoïste qui engendre l’acte coupable, le dixième commandement attaque la racine même de tous les péchés. Celui qui, par obéissance à la loi de Dieu, s’interdit jusqu’au désir illégitime de posséder ce qui appartient à autrui ne se rendra pas coupable d’actes condamnables à l’égard de ses semblables.

Tels sont les préceptes sacrés du Décalogue proclamé par le grand Législateur du haut du mont Sinaï enveloppé d’éclairs et ébranlé par les éclats du tonnerre. Cette manifestation extraordinaire de la puissance et de la majesté divines avait pour but d’inspirer une vénération profonde pour l’auteur de cette loi, le Créateur des cieux et de la terre, et de laisser derrière elle un souvenir ineffaçable. Dieu voulait aussi, par là, convaincre tous les hommes de l’importance, de la nature sacrée et de l’immuable obligation de sa loi.

Les préceptes additionnels

Effrayé, le peuple d’Israël s’était peu à peu éloigné de la montagne. La terreur des sentences divines semblait dépasser la mesure de ses forces. Au fur et à mesure que passait devant lui le code de la justice, il reconnaissait toujours mieux le caractère du péché et sa culpabilité aux yeux d’un Dieu saint. La multitude adressa cette supplication à Moïse : « Parle-nous toi-même, et nous écouterons; mais que Dieu ne parle pointavec nous, de peur que nous ne mourions. » (Exode 20:19-21) Le prophète répondit : « Ne craignez point; car Dieu est venu pour vous mettre à l’épreuve et pour que vous ayez toujours sa crainte présente devant vous, afin que vous ne péchiez pas. Puis « Moïse s’approcha de la nuée obscure dont Dieu s’était enveloppé », tandis que le peuple, paralysé de frayeur, restait à distance.

Aveuglé et dégradé par son long esclavage et son contact avec l’idolâtrie, Israël n’était pas préparé à apprécier les grands principes de la loi divine. Pour l’aider à mieux comprendre la nature et l’obligation de celle-ci, Dieu lui donna des statuts additionnels qui en illustraient le sens et l’application. Ceux-ci étaient parfois appelés « jugements, d’abord parce qu’ils étaient conçus avec infiniment de sagesse et d’équité, et ensuite parce que les magistrats, en rendant la justice, devaient toujours les consulter. Étant distincts des dix commandements, ils furent communiqués au peuple par l’intermédiaire de Moïse.

Les serviteurs

La première de ces lois se rapportait aux serviteurs. Dans les temps anciens, les criminels étaient parfois vendus comme esclaves; dans certains cas, des débiteurs étaient aussi vendus par leurs créanciers; enfin, la pauvreté poussait diverses personnes à se vendre elles-mêmes ou à vendre leurs enfants. Mais un Hébreu ne pouvait être esclave pour la vie, la durée de son servage étant limitée à six ans. La septième année, il devait être mis en liberté. Le rapt humain, le meurtre intentionnel et la révolte contre l’autorité des parents étaient punis de mort. Il était permis d’avoir des esclaves non israélites; mais la loi protégeait soigneusement leur vie et leur personne. Le meurtrier d’un esclave était puni, et l’esclave maltraité par son maître, n’eût-il perdu qu’une dent, devenait libre.

Les Israélites, qui avaient récemment été serviteurs, étaient mis en garde, maintenant qu’ils allaient avoir des serviteurs à leur tour, contre la cruauté et l’oppression dont ils avaient souffert en Égypte. Le souvenir de leur amère servitude devait les aider à se mettre à leur place, et les porter à être bons et compatissants, faisant aux autres ce qu’ils auraient désiré qu’on leur fit.

Les veuves, les orphelins, et les pauvres

Les droits des veuves et des orphelins étaient tout particulièrement sauvegardés. De ces derniers, privés de tendresse, le Seigneur disait : « Si vous leur faites du tort, et qu’ils élèvent leurs cris vers moi, j’entendrai leurs cris. Mon courroux s’enflammera; je vous ferai périr par l’épée, et vos femmes deviendront veuves, en même temps que vos enfants orphelins. » (Exode 22:23,24) Les gens d’autres nations s’unissant à Israël étaient garantis de toute injustice et de toute oppression : « Tu n’opprimeras pas l’étranger. Vous connaissez vous-mêmes les sentiments éprouvés par l’étranger, puisque vous avez été étrangers dans le pays d’Égypte. » (Exode 23:9)

Il était interdit de prêter au pauvre de l’argent à intérêt. La couvertune ou le vêtement d’un pauvre, pris en garantie, devait lui être restitué à la tombée de la nuit. Celui qui se rendait coupable de vol devait donner le double. Le respect des magistrats et des gouverneurs était obligatoire, et les juges étaient mis en garde contre la tentation de pervertir le jugement, de soutenir une mauvaise cause ou de recevoir des présents. La calomnie était interdite, et l’on était tenu à des actes de bonté, même envers des ennemis personnels.

Vous serez pour moi des hommes saints

L’obligation sacrée du jour de repos était rappelée. Des fêtes annuelles furent instituées auxquelles chaque homme devait assister en apportant à l’Éternel des offrandes de reconnaissance et les premiers fruits récoltés.

L’objet de ces règlements était indiqué : exempts de tout sentiment arbitraire, ils avaient pour but le bien d’Israël. « Vous serez pour moi des hommes saints » (Exode 22:31), disait le Seigneur, c’est-à-dire des hommes dignes d’être reconnus comme appartenant à un Dieu saint. Ces

lois — charte et fondement de la loi nationale — furent écrites par Moïse et précieusement conservées. Elles constituaient, en outre, comme les dix préceptes dont elles étaient le commentaire, la condition de l’accomplissement des promesses de Dieu à Israël.

Dieu adressa alors au peuple ce message : « Je vais envoyer un ange devant toi pour te protéger en chemin et pour t’introduire dans le lieu que j’ai préparé. Prends garde à toi-même quand tu seras en sa présence, et écoute sa voix. Ne lui résiste point; car il ne pardonnerait pas votre désobéissance, parce que mon nom est en lui. Mais si tu écoutes attentivement sa voix, si tu fais tout ce que j’ordonnerai, je serai l’ennemi de tes ennemis et l’adversaire de tes adversaires. » (Exode 23:20-22)

Enveloppé dans la colonne de nuée ou de feu, le Fils de Dieu conduisait Israël dans toutes ses pérégrinations. Non seulement il leur donnait des symboles leur annonçant un Sauveur à venir, mais il était aussi un Sauveur présent, seule source de bénédiction, donnant ses ordres par l’intermédiaire de Moïse.

Redescendu de la montagne, « Moïse vint rapporter au peuple toutes les paroles de l’Éternel et tous ses commandements. Alors tout le peuple répondit d’une seule voix : Nous ferons tout ce que l’Éternel a prescrit. » (Voir Exode 24) Cette décision ainsi que toutes les paroles de l’Éternel auxquelles le peuple s’était engagé à obéir furent enregistrées dans un livre par Moïse.

La ratification de l’alliance

Puis vint la ratification de l’alliance. On construisit un autel au pied de la montagne. Tout près, on « dressa douze pierres pour les douze tribus d’Israël, comme témoins de leur acceptation de l’alliance. Des jeunes hommes désignés pour la circonstance offrirent alors des sacrifices.

Après avoir fait aspersion, sur l’autel, du sang des sacrifices, Moïse « prit le livre de l’alliance et le lut au peuple qui l’écoutait ». Les conditions de cette alliance leur étaient ainsi solennellement répétées, de façon à laisser chacun libre de décider s’il voulait oui ou non les accepter. Tout au début, ils avaient déjà promis d’obéir à la voix de Dieu, puis entendu la proclamation de sa loi. Enfin, pour que nul n’ignore ce à quoi l’alliance les engageait, ils venaient d’en écouter les préceptes en détail. De nouveau, et d’une seule voix, le peuple répondit : « Nous ferons tout ce que l’Éternel nous a prescrit, et nous lui obéirons. » « Lorsque Moïse eut exposé à tout le peuple tous les commandements de la Loi, il prit le sang, … et il en aspergea le livre lui-même, et tout le peuple, en disant : Ceci est le sang de l’alliance que Dieu a commandé de conclure avec vous. » (Hébreux 9:19,20)

Le moment était venu de prendre des dispositions en vue de l’établissement de la nation hébraïque sous la souveraineté de Dieu, son roi. Moïse avait reçu cet ordre : « Monte vers l’Éternel, avec Aaron, Nadab et Abihu, et soixante-dix anciens d’Israël, et vous vous prosternerez à distance. Moïse seul s’approchera de l’Éternel. » Tandis que le peuple adorait au pied de la montagne, les hommes désignés à cet effet en firent l’ascension. Ces soixante-dix anciens devant seconder Moïse dans le gouvernement d’Israël, Dieu plaça son Esprit sur eux et leur donna le privilège de contempler sa puissance et sa gloire. « Et ils virent le Dieu d’Israël. Sous ses pieds se trouvait comme un dallage de saphir transparent, aussi pur que les cieux mêmes. » Ils n’aperçurent pas la Divinité, mais seulement la gloire de sa présence. Auparavant, ils n’auraient pu supporter pareil spectacle. Mais les preuves de la puissance divine les avaient amenés à la conversion, et ils s’étaient accoutumés à méditer sur sa gloire, sa pureté et sa miséricorde, au point qu’ils pouvaient maintenant s’approcher du Seigneur.

Moïse et Josué, « son serviteur », étant appelés à se rendre sur la montagne et à y demeurer quelque temps, Aaron, Hur et les anciens furent désignés pour les remplacer. « Moïse monta donc sur la montagne. … La gloire de l’Éternel reposa sur le mont Sinaï, qui fut couvert d’une nuée. » Six jours durant, la montagne resta ainsi sous la nuée, signe spécial de la présence de Dieu. Pendant ce temps, rien ne révéla cette présence, Moïse attendit patiemment d’être appelé par le Très-Haut. Dieu avait dit : « Monte vers moi sur la montagne. Tu y resteras. » La soumission, la docilité du prophète, mises à l’épreuve, ne se démentirent point : il ne s’éloigna pas de son poste. Ce grand serviteur de Dieu, lui-même si favorisé, n’aurait pas pu supporter la présence et la gloire du Créateur. Avant d’entrer en communication avec lui, il devait consacrer six jours à la méditation, à la prière, à un sévère examen de conscience.

Au septième jour, le jour du sabbat, Moïse fut admis dans l’impénétrable nuée qui, s’entrouvrant à la vue de tout le peuple, laissa échapper, comme un torrent de feu, la gloire de l’Éternel. « Moïse entra dans la nuée, et monta sur la montagne », où il demeura « pendant quarante jours et quarante nuits » (Exode 24:18), sans compter les six jours de préparation. Durant ces six jours, Josué, qui accompagnait Moïse, mangeait de la manne et buvait de l’eau du « torrent qui descendait de la montagne. Mais il n’entra pas dans la nuée de gloire. Il resta à quelque distance et continua, en attendant le retour de son maître, de s’alimenter et de se désaltérer de la même manière. Moïse, lui, jeûna durant toute cette période.

La construction du sanctuaire

Les directives qu’il reçut à cette occasion concernaient la construction d’un sanctuaire dans lequel la divine présence se manifesterait d’une façon extraordinaire. « Ils m’élèveront un sanctuaire, avait dit l’Éternel, « et j’habiterai au milieu d’eux » (Exode 25:8).

Pour la deuxième fois, l’obligation du jour de repos est rappelée. « Ce sera, entre moi et les enfants d’Israël, un signe d’alliance à perpétuité afin qu’on sache que c’est moi, l’Éternel, qui vous sanctifie. Vous observerez donc le sabbat, qui doit être pour vous une chose sainte. … Quiconque fera un travail, ce jour-là, sera puni de mort. » (Exode 31:17,13,14)

Les ordres concernant l’érection du sanctuaire étant récents, le peuple aurait pu conclure que la construction du lieu de culte était pressante, et qu’il était permis d’y travailler le jour du sabbat. C’était pour prévenir cette erreur que l’avertissement était donné. La sainteté et l’urgence même de cette entreprise ne pouvaient justifier la violation du jour consacré à l’Éternel. Désormais, le peuple allait être honoré de la présence de son Roi. « J’habiterai au milieu des enfants d’Israël, et je serai leur Dieu, … et ce lieu sera consacré par ma gloire. » (Exode 29:45,43), avait dit le Seigneur.

Comme symbole de l’autorité du Tout-Puissant et comme expression visible de sa volonté, un exemplaire du Décalogue, gravé sur deux tables de pierre par le doigt même de Dieu, fut remis à Moïse (Voir Deutéronome 9:10; Exode 32:15,16). Celles-ci furent, en leur temps, déposées dans le sanctuaire, qui devint alors le centre visible de l’adoration de l’Éternel.

Des bas-fonds de l’esclavage, Israël était ainsi élevé au-dessus de toutes les nations pour devenir le trésor particulier du Roi des rois. Dieu l’avait

séparé du monde pour une mission sacrée. En le constituant dépositaire de sa loi, il se proposait de conserver, par son moyen, la connaissance de son nom parmi les hommes. La lumière du monde se répandrait ainsi au sein d’une humanité enveloppée de ténèbres, et une voix se ferait entendre, appelant tous les peuples à se détourner du fétichisme pour servir le Dieu vivant. En demeurant fidèles à leur mandat, les Israélites pourront devenir une puissance dans le monde. Dieu se constituera leur défenseur et les élèvera au-dessus de tous les peuples. Par l’intermédiaire d’Israël, la lumière de la vérité sera révélée à l’humanité, et sous son sceptre juste et bon, ce peuple démontrera la supériorité de son culte sur toutes les formes de l’idolâtrie.

(Ce texte est extrait du livre Patriarches et Prophètes, Chapitre 27, La loi proclamée au Sinaï)

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