Le Sabbat – Introduction

Qu’enseigne le Nouveau Testament concernant le principe et la pratique de l’observation du Sabbat?

L’enseignement du Nouveau Testament sur l’observation du Sabbat, a-t-il été clarifié ou annulé par l’enseignement et le ministère rédempteur du Christ?

Ou suggère-t-elle le transfert du Sabbat du septième jour au premier jour de la semaine?

Plusieurs penseurs chrétiens ont soulevé ces questions, spécialement dans les siècles suivant la Réforme.

Pas de repos pour le Sabbat.

Un regard sur les centaines de traités produits depuis la Réforme sur le sujet du Sabbat/Dimanche, suffit pour convaincre chacun du fait que réellement le Sabbat n’a pas de repos. L’exposé bibliographique de J.A. Hessey cata­logue plus d’un mille traités pour la période avant 1860, et je présume qu’autant d’études ont été produites depuis ce temps  . Récemment, plus d’une douzaine de dis­sertations et des centaines d’articles ont examiné à nouveau les aspects théologiques et historiques de la question du Sabbat/Dimanche .

Une institution vitale.

L’investigation vaste et continue de ce sujet, indique la grande importance qu’on lui accorde. Après tout, l’observation du Sabbat, n’est pas seulement un concept abstrait théologique, mais une manifestation concrète de la pra­tique de notre foi.

Si un chrétien ignore Dieu le jour qu’il ou elle considère comme le « Jour du Sei­gneur », il est probable qu’il ignorera Dieu chaque jour de sa vie. Peut-être qu’un des premiers indices de défection du christianisme, est l’indifférence manifestée lorsqu’on considère le jour saint comme un jour de congé de vacances, un temps pour son propre contentement et assouvissement, un temps pour s’enrichir, plutôt que quêter la paix et la présence divine.

La crise du Jour du Seigneur.

Cette tendance prend des proportions alarmantes dans l’Europe occidental et en Amérique du Nord, où, selon la World Christian Ency­clopedia, quelques 2.765.000 personnes, chaque année, cessent de pratiquer le chris­tianisme . Ce nombre atterrant des défections officielles du christianisme devient insi­gnifiant en comparaison au nombre officiel de déserteurs— ceux qui fréquentent rarement les offices religieux. Dans la plupart des pays de l’Europe occidental, 10 pour cent de la population chré­tienne fré­quente l’église se trouve aux environs de. La plupart des gens fréquentent les offices religieux de l’église très peu durant leur vie.

Aujourd’hui, cette indifférence prédominante de la part des chrétiens en ce qui concerne le « Jour du Seigneur » signifie que la validité et la valeur de l’observance du Sabbat bibli­que n’est pas seulement un simple sujet académique à discuter par les hommes de lettres, mais un sujet rattaché à la plus importante question de la survie du christia­nisme lui-même, en tant que religion dynamique. A la lumière de cette tendance, il nous appartient, en tant que chrétiens concernés, de réexaminer l’enseignement du Nouveau Testament sur le principe et la pratique de l’observation du Sabbat, afin d’établir son applicabilité à notre société contemporaine.

Objectif et procédé.

Sur ce sujet, je me suis préoccupé considérablement durant plusieurs années, publiant mes recherches dans deux livres et dans de nombreux arti­cles . Dans cette étude, je résumerai essentiellement les parties de ma recherche qui traitent de l’enseignement du Nouveau Testament sur l’observance du Sabbat.

Pour plus de clarté, j’ai décidé de diviser cette étude en quatre parties. Dans la première partie, je résumerai brièvement les trois principaux points de vue au sujet du Sabbat dans le Nouveau Testament. Dans la seconde partie, je présenterai les quatre principales raisons pourquoi je crois en la permanence du principe et de la pra­tique de l’observation du Sabbat. Dans la troisième partie, je parlerai de l’attitude de Paul envers la loi en général et envers le Sabbat en particulier. Et dans la dernière partie, je répondrai à des questions que plusieurs m’ont posées concernant le Sab­bat/Dimanche durant mes conférences sur le « Jour du Seigneur », que j’ai tenu dans plusieurs parties du monde.

Les trois premières parties furent originellement préparées et divulguées dans des conférences en 1984, dans plusieurs universités de l’Afrique du Sud. Postérieurement, les éditeurs de la revue Ministry, J. Robert Spangler et J. David Newman, me deman­dèrent la permission de publier un condensé du manuscrit dans quatre articles qui avaient paru dans les numéros des mois de mai, juillet, septembre, et novembre, 1985. Ces numéros ont été reçus par plus de 250.000 ecclésiastiques de l’Amérique du Nord.

Un calme pour nos vies turbulentes.

C’est mon espoir fervent que ce travail d’amour, aidera beaucoup de chrétiens à redécouvrir, non seulement la validité, mais aussi la valeur de l’observation du Sabbat pour nos vies chrétiennes. Nous vivons au­jourd’hui dans une société turbulente, pleine de stress, où plusieurs cherchent à se calmer l’esprit et à se détendre en s’associant à des programmes pour gérer le stress, des clubs de santé, des groupes de méditation; ou en prenant des pilules, de l’alcool, des drogues, ou de vacances dans des « îles de fantaisie ».

Le Sabbat nous fournit l’occasion de nous calmer l’esprit, de nous restaurer; en nous dé­chargeant des pressions de la semaine, nous pouvons éprouver plus librement et pleinement la présence divine, sa paix et son calme dans nos vies.


 Notes de la préface

[1]J.A. HESSEY, Sunday, Its Origin, History and Present Obligation, Londres, 1860, 2 tomes.

 [2]

 Ma liste bibliographique d’ouvrages récentes publiées se trouve dans Du Sabbat au Dimanche, Paris, éditions P. Lethielleux, 1984, pp.289-301. Voir aussi Divine Rest for Human Restlessness, Rome, 1980, pp. 311-316.

 Voir DAVID B. BARRETT, éditeur, World Christian Encyclopedia, Oxford, 1982, p.4.

 Voir note 2.

(Ce texte est extrait de « Le sabbat dans le Nouveau-Testament » par Samuele BACCHIOCCHI)

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