• Les grands événements qui ont marqué les progrès de la réforme pendant les siècles passés relèvent de l'histoire; ils sont si universellement connus et admis que nul ne peut contester leur authenticité. L'objet de cette section n'est pas tant de présenter des vérités nouvelles concernant les luttes du passé que d'en dégager les faits et les principes qui ont une portée sur les événements prochains. Considérés comme faisant partie du grand conflit entre la puissance de la lumière et celle des ténèbres, tous ces événements acquièrent une signification nouvelle...

     

Luther se sépare de Rome

 

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Éclairer et réformer le peuple, c'était virtuellement saper l'autorité du pape, tarir des milliers de ruisseaux qui alimentaient ses trésors, et réduire considérablement l'extravagance et le luxe des chefs de l'Église. De plus, donner au peuple la liberté de penser et d'agir en êtres responsables, ne comptant pour leur salut que sur Jésus-Christ, c'était renverser le trône pontifical, et éventuellement détruire leur propre autorité. Pour ces raisons, ils repoussèrent la connaissance que Dieu leur envoyait, et, en s'opposant à l'homme qu'il avait désigné pour les éclairer, ils se dressèrent contre le Christ et contre Sa vérité.

Luther se sépare de Rôme

Suscité à son heure pour réformer L'Église et éclairer le monde, Martin Luther a joué le rôle le plus considérable dans le grand mouvement réformateur du seizième siècle. Zélé, ardent, pieux, ne connaissant aucune crainte sinon celle de Dieu, il n'admettait d'autre base de foi que les saintes Écritures.Comme les premiers hérauts de l'Évangile, Luther naquit dans la pauvreté. Ses premières années s'écoulèrent dans l'humble chaumière d'un mineur allemand.

M. Luther Son père, qui gagnait péniblement de quoi subvenir à ses études, désirait en faire un avocat. Mais Dieu le destinait à participer à la construction du vaste temple qui s'élevait lentement depuis des siècles. Une jeunesse indigente et une sévère discipline furent l'école par laquelle la Sagesse infinie le prépara en vue de son importante carrière.

Son père était un homme honnête, résolu, courageux, franc, à la fois intelligent et judicieux, obéissant à ses convictions sans s'inquiéter des conséquences. Son grand bon sens l'avait mis en défiance à l'égard de la vie monastique. Aussi lorsque son fils entra au couvent sans son autorisation, il en fut vivement peiné, et ne se réconcilia avec lui que deux ans plus tard, sans avoir changé d'opinion.

Les parents de Luther veillaient avec soin sur l'éducation de leurs enfants, s'efforçant de les instrnire dans la connaissance de Dieu et de les guider dans la pratique des vertus chrétiennes. Souvent, le jeune homme entendait son père demander dans ses prières que son enfant restât fidèle à Dieu et qu'il contribuât un jour à l'avancement de son règne. Saisissant avec empressement toutes les occasions de s'instruire compatibles avec leur vie de labeur, le père et la mère travaillaient sans relâche à préparer leurs enfants en vue d'une vie pieuse et utile. Leur fermeté et leur énergie les portaient parfois à des excès de sévérité. Toutefois, le futur réformateur trouva plus tard, dans cette discipline, plus à apprécier qu'à blâmer. Il n'en put dire autant de ses premières années de classe où il fut traité avec dureté, quelquefois même avec violence.

La pauvreté de ses parents obligea le jeune Luther -- qui avait quitté la maison paternelle pour aller étudier dans une autre ville -- à chanter devant les maisons, pour obtenir de la nourriture et de l'argent. Les moroses superstitions de l'époque à travers lesquelles il envisageait l'avenir jetaient l'effroi dans son coeur. Et c'est en tremblant, en proie à une terreur constante, qu'il se représentait Dieu -- non comme un tendre Père céleste -- mais comme un être sévère, un juge impitoyable, un cruel tyran.

En dépit de tant d'obstacles et de causes de découragement, il allait hardiment de l'avant à la conquête de l'idéal moral et intellectuel vers lequel il se sentait attiré. Sa soif de connaissances et la tournure pratique de son esprit lui faisaient préférer le solide et l'utile au clinquant et au superficiel.