•     Il y a donc un repos de sabbat réservé au peuple de Dieu. Car celui qui entre dans le repos de Dieu se repose de ses oeuvres, comme Dieu s’est reposé des siennes. Hébreux 4:9–10

L’observation du Sabbat dans le Nouveau Testament

Ma quatrième raison pour croire dans la permanence du principe et de la pratique de l’observation du Sabbat, se trouve dans les allusions du Nouveau Testament au fait et à la manière de son observation. Ce chapitre examine brièvement les indications implicites et explicites de la pratique de l’observation du Sabbat au temps du Nouveau Testament. Il sera montré, peut-être à la surprise de certains qui croient autrement, que les croyants du Nouveau Testament observaient le Sabbat, mais avec une nouvelle signification et d’une nouvelle manière.

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1. Le fait de l’observation du Sabbat

Indications implicites.

Le Nouveau Testament fournit des indications implicites et explicites de l’existence de l’observation du Sabbat, dans les communautés Chrétiennes. Implicitement, il est suggéré par l’exceptionnel champ d’application donné par les évangélistes du ministère sabbatique de Jésus.

Il est généralement reconnu aujourd’hui que les Evangiles furent composés, pas comme de simples biographies de la vie u Christ, mais comme des guides théologiques, pour promouvoir la foi Chrétienne. La sélection que les évangélistes choisirent de ce que Jésus dit et fit, était déterminée par les anxiétés prédominantes de leurs temps.

Le fait que les évangélistes ne rapportent pas moins de sept épisodes de guérison, le Sabbat, en plus des controverses subséquentes,  indique la grande importance attachée à l’observation du Sabbat, dans leurs communautés respectives, au temps où ils écrivirent leurs Evangiles. L’exemple, et l’enseignement de Jésus, le Sabbat, reçoivent d’abondants champs d’applications, parce qu’ils fournissent pour ces jeunes communautés chrétiennes la norme pour déterminer la nouvelle signification et manière d'observer le Sabbat.

Indications explicites.

Plusieurs indications explicites de l’observation du Sabbat peuvent être vues dans les Evangiles. Matthieu, par exemple, explique que les « disciples eurent faim » (12:1) le Sabbat, quand ils arrachèrent des épis de blé. Le souci de l’évangéliste d’expliquer que les disciples ne violèrent pas le Sabbat négligemment, suggère, comme Gerhard Barth l’écrit, que « dans la congrégation de Matthieu, le Sabbat était encore observé, mais pas dans le sens stricte du rabbinat.» 

L’avertissement du Christ concernant le Sabbat.

Une autre indication de l’observation du Sabbat se trouve dans l’avertissement unique du Christ concernant la destruction de Jérusalem: « Priez pour que votre fuite n'arrive pas en hiver, ni un jour de sabbat » (Mt 24:20). Le fait que le Sabbat soit mentionné ici, pas pour faire la polémique, mais en passant, comme un facteur défavorable pour la fuite des Chrétiens de Jérusalem, implique, d’un coté, que le Christ ne prévoyait pas sa substitution par un autre jour d’adoration, et de l’autre coté, comme le dit A.W. Argyle, « le Sabbat était encore observé par les Chrétiens Juifs quand Matthieu écrivit.» 

L’exemple des femmes.

Luc fournit une indication importante de l’observation du Sabbat dans son récit de la Passion. Il décrit comment les femmes suivirent leur Seigneur à la croix, aux risques de leurs vies. Après avoir vu leur Seigneur couché dans la tombe, elles se hâtèrent vers leurs maisons pour préparer « des aromates et des parfums » (Lc 23:56) parce que « le sabbat allait commencer » (v.54).

C’est digne d’attention que, malgré leur dévotion à leur Maître, les femmes avaient conscience qu’elles ne pouvaient pas procéder à embaumer Son corps, parce que ceci aurait signifié la profanation du Sabbat. Ainsi « elles se reposèrent le jour du sabbat, selon la loi » (Lc 23:56) et très tôt, le premier jour de la semaine, elles allèrent au tombeau pour continuer leur travail. Le fait que Luc prend la peine de rapporter que les femmes avaient conscience qu’elles ne pouvaient violer le Sabbat, même pour rendre honneur à leur Maître mort, est indicatif du haut respect dans lequel le Sabbat était tenu au moment de son écrit.

L’exemple de Paul.

Luc, à plusieurs reprises, mentionne la coutume à Paul d’enseigner et d’adorer, dans la synagogue, le Sabbat. Après le martyre d’Étienne, Paul alla à Damas, cherchant les Chrétiens dans les synagogues (Ac 9:2; 22:19), ce qui impliquerait qu’ils fréquentaient encore les services du Sabbat.

Plus tard dans son ministère, Paul « selon sa coutume » (Ac 17:2) se rencontre régulièrement le Sabbat dans les synagogues, ou en plein air, pas seulement avec les Juifs (Ac 13:14; 17:2; 18:4) mais aussi avec les Gentils (Ac 13:44; 16:13; 18:4). Ceci indique qu’aucune séparation radicale chrétienne ne s’était produite jusqu’ici avec le calendrier et le lieu de culte Juif.

En plus des indications implicites suggérées par l’exceptionnel champ d’applications, le Nouveau Testament contient des indications explicites d’actions et de manière d’observer du Sabbat. Que le lecteur se rapporte au chapitre 5 où ces indications sont présentées.

La malédiction des Chrétiens.

Il est impossible de déterminer combien de temps les Chrétiens continuèrent à fréquenter les services du Sabbat dans la synagogue. Nous savons que certains d’eux fréquentaient encore les services à la synagogue vers la fin du premier siècle, parce que à ce moment là, les autorités rabbiniques introduisirent un test pour détecter leur présence dans la synagogue. 

Ce test consistait en une malédiction incorporée dans la prière journalière— Shemoneh Esreh— et devait être prononcée contre les Chrétiens, par n’importe quel participant dans le service de la synagogue. Le but de la malédiction était d’interdire la présence des Chrétiens, et/ou leur participation dans les services de la synagogue. L’implication évidente est que certains Chrétiens fréquentaient encore les services du Sabbat à la synagogue.

Les Nazaréens.

Une évidence significative de la pratique de l’observation du Sabbat parmi les Palestiniens-Chrétiens primitifs, est fournie par le témoignage d’Épiphane, Evêque de Salamis (315-403), concernant la secte des Juifs Chrétiens, des Nazaréens. L’évêque, un natif de la Palestine, explique que les Nazaréens furent les descendants directs de la communauté Chrétienne de Jérusalem, lesquels émigrèrent à Pella, avant la destruction de Jérusalem en l’an 70 de notre ère. 

Malgré l’effort d’Épiphane de traiter les Nazaréens d’« hérétiques » parce qu’« ils pratiquent les coutumes et les doctrines prescrites par la loi Juive, » rien d’hérétique à leur sujet n'apparaît dans l’exposé assez considérable qu’il donne de leurs croyances. La différence fondamentale entre les Nazaréens et les « vrais Chrétiens » est, selon Épiphane, le fait que les premiers « accomplissent jusqu’à présent, de tels rites Juifs, comme la circoncision et le Sabbat.»  Les dernières pratiques peuvent à peine qualifier les Nazaréens d’« hérétiques » puisqu' elles étaient observées par l’église primitive de Jérusalem.

Le fait que les Nazaréens, qui représentent les descendants directs de l’Eglise de Jérusalem, maintiennent l’observation du Sabbat, comme une de leurs caractéristiques distinctives, jusqu’au moins le quatrième siècle, montre d’une manière persuasive que l’Eglise de Jérusalem observait le Sabbat durant l’âge apostolique. Ce fait discrédit toute tentative de faire de l’Eglise de Jérusalem le pionnier de l’observation du Dimanche.

Conclusion.

Les indications déjà citées établissent d’une façon abondamment claire que les croyants du Nouveau Testament continuaient la pratique la pratique de l’observation du Sabbat. La nécessité de changer le jour d’adoration du Samedi au Dimanche commença après la fin de l’âge apostolique, dans la première partie du second siècle. Les facteurs politiques, sociaux, païens, et religieux qui ont contribué à ce changement, sont examinés longuement dans mon livre Du Sabbat au Dimanche.