•     Il y a donc un repos de sabbat réservé au peuple de Dieu. Car celui qui entre dans le repos de Dieu se repose de ses oeuvres, comme Dieu s’est reposé des siennes. Hébreux 4:9–10

Sabbat et création dans le Nouveau-Testament

Ma seconde raison pour croire à la permanence du principe et de la pratique de l'observation du Sabbat, est l'allusion implicite de l'origine du Sabbat, à la création, qu'on trouve dans les trois passages du Nouveau Testament, que nous allons examiner. Le point de vue de l'abrogation du Sabbat est basé sur la supposition que l'Ecriture ne considère pas l'observation du Sabbat comme une ordonnance de la création pour l'humanité, mais comme une institution provenant de Moïse, donnée exclusivement aux Juifs, et abrogée par le Christ, de même que le reste des lois de Moïse.

D'après moi, un tel raisonnement est discrédité par au moins 3 passages du Nouveau Testament qu'on considérera brièvement dans ce chapitre.

1. Marc 2.27

La première référence du Nouveau Testament à la création, comme origine du Sabbat, se trouve dans Marc 2.27. Dans ce passage, Jésus réfute l'accusation d'une violation du Sabbat, lancée contre Ses disciples qui soulageaient leur faim, en arrachant des épis de blé cru, en disant: «Le Sabbat a été fait pour l'homme et non l'homme pour le Sabbat.»

Il convient de noter que le Christ réfuta la charge d'une violation de Sabbat en se référant à l'intention originale du Sabbat, qui est de réaliser le bien-être physique et spirituel : «Le Sabbat a été fait pour le bien de l'homme; l'homme n'a pas été fait pour le Sabbat" (Mc 2.27 FC).

L'origine et la fonction du Sabbat.

Le choix des mots de Notre Seigneur est significatif. Le verbe «fait- genomai» fait allusion à l'origine du Sabbat, et le mot «homme- anthropos» suggère sa fonction humaine. Ainsi, pour établir la valeur humaine et universelle du Sabbat, le Christ fait appel à son origine véritable, juste après la création de l'homme. Pourquoi? Parce que, pour le Seigneur, la loi « du début » demeure suprême[1].

L'importance du dessein original de Dieu est accentuée dans un autre cas, quand, en réprouvant la corruption de l'institution du mariage, qui eut lieu sous le code de Moïse, le Christ retourna à son origine édénique, en disant: «Au commencement il n'en était pas ainsi" (Mt 19.8). Le Christ trace ainsi le mariage et le Sabbat à leur origine, à la création, afin d'éclaircir leur valeur fondamentale et leur fonction humanitaire[2].

Le bien-être humain, est-il supérieur au Sabbat?

Certains auteurs ont interprété ce fameux énoncé du Christ comme signifiant que le «bien-être de l'homme est supérieur au repos du Sabbat»[3], et puisque le Sabbat «ne signifie plus des bénédictions mais des privations, il avait failli dans son but divin, et par conséquent, le soulèvement ou l'inobservation du Sabbat n'était pas un péché»[4].

Le moins qui peut être dit de cette interprétation, c'est qu'elle attribue à Dieu l'imprévoyance humaine d'avoir donné une loi qui ne pouvait accomplir son dessein projeté, et qu'Il fut forcé, par conséquent, de l'abolir. D'après ce raisonnement, la validité d'une loi divine est déterminée non par son but, mais plutôt, par la façon que les hommes l'emploient ou l'abusent. Une telle conclusion ferait de l'homme, plutôt que Dieu, l'arbitre ultime qui détermine la validité de n'importe quel commandement.

De plus, interpréter ceci comme signifiant que le «bien-être de l'homme est supérieur au repos du Sabbat,» impliquerait que le repos du Sabbat fut imposé arbitrairement sur l'homme pour restreindre son bien-être. Mais cette interprétation est contraire aux mots véritables du Christ: «Le Sabbat,» dit-Il, «a été fait pour le bien de [dia] l'homme; l'homme n'a pas été fait pour le Sabbat» (Mc 2.27FC). Ceci signifie que le Sabbat prit naissance (ageneto) après la création de l'homme, non pour faire de lui un esclave de règles et de règlements, mais pour assurer son bien-être physique et spirituel.

Le bien-être de l'homme n'est pas restreint mais garanti par une véritable observance du Sabbat. Alors, par cette affirmation mémorable, le Christ n'a pas abrogé le commandement du Sabbat, mais Il établit sa validité permanente en faisant appel à la création originelle, quand Dieu détermina sa fonction, destinée au bien-être de l'humanité.