•     Il y a donc un repos de sabbat réservé au peuple de Dieu. Car celui qui entre dans le repos de Dieu se repose de ses oeuvres, comme Dieu s’est reposé des siennes. Hébreux 4:9–10

Points de vue sur le Sabbat

Historiquement, trois principaux points de vue ont été disserté concernant l’enseignement du Nouveau Testament sur l’observation du Sabbat. On désignera ces points de vue comme:  

(1) l’abrogation du Sabbat; 

(2) le transfert du Sabbat; et 

(3) la permanence du Sabbat. 

Chacun de ces points de vue a été largement déterminé par la compréhension totale du rap­port entre l’Ancien et le Nouveau Testament.

1. L’ABROGATION DU SABBAT 

L’origine de ce point de vue.

Le point de vue de l’abrogation du Sabbat est basé sur la compré­hension d’une discontinuité radicale entre l’Ancien et le Nouveau Testament. Elle peut remonter à certains des premiers Pères qui enseignèrent que le Sabbat est un règle­ment temporaire qui provient de Moïse, imposé exclusivement aux Juifs à cause de leur infidélité, et abrogé par la venue du Christ .

L’élaboration de la Réforme.

Ce point de vue fut réitéré et élaboré dans le seizième siècle par Luther et certains groupes radicaux, tel que les anabaptistes et les mennoni­tes. La Confession d’Augsbourg de 430 sert d’exemple de ce point de vue quand elle dé­clare: « L’Écriture a abrogé le jour du Sabbat; elle enseigne que dès la révélation de l’évangile, toutes les cérémonies de Moïse peuvent être abandonnées  ».

La distinction radicale de Luther entre la loi et l’évangile, fut adoptée et développée par les anabaptistes, les puritains gauchistes;, les quakers, les mennonites, les huttéri­tes, et par plusieurs cultes modernes antinomiens.

Des redéfinitions récentes.

Ces dernières années, le point de vue de l’abrogation du Sab­bat fut à nouveau posé et redéfini dans de nombreuses études desquelles deux méritent d’être mentionnées. La première est l’oeuvre de Willy Rordorf qui a été tra­duite dans plusieurs langues et qui a déchargé une avalanche de livres sur ce sujet .

Rordorf embrasse la thèse que le Sabbat fut une « institution sociale » introduite après l’occupation de Canaan et annulée par le Christ. Il base sa position surtout sur la nature provocante du ministère du Christ de guérir le jour du Sabbat, par lequel, prétend-il, « le commandement du Sabbat ne fut pas seulement relégué au second plan…il fut tout simplement annulé  ». Cette position mène Rordorf à séparer complètement le Dimanche du quatrième commandement, voyant ce jour comme étant exclusivement une création chrétienne, créer pour célébrer la résurrection du Christ par la célébration de la sainte cène.

La deuxième étude remarquable, est la diffusion récente du recueil intitulé From Sabbath to Lord’s Day (1982), éditée par Donald A. Carson et patronner par la Tyndale Fellowship for Biblical Research de Cambridge, en Angleterre . Un peu comme Ror­dorf, mais d’une façon un peu moins radicale, les 7 collaborateurs de ce recueil d’articles soutiennent que la validité du Sabbat est terminée par l’arrivée du Christ.

La position de ces savants est basée essentiellement sur les prétentions messiani­ques du Christ par lesquels, ils soutiennent, qu'Il transcenda la loi du Sabbat, approvi­sionnant ainsi Ses disciples avec la liberté nécessaire de réinterpréter le Sabbat et de choisir un nouveau jour saint . Comme Rordorf, ils accentuent la discontinuité entre le Sabbat et le Dimanche, rejetant la notion du transfert du Sabbat du septième jour au premier jour. Cependant, contrairement à Rordorf, ils font remonter l’origine du Diman­che, non pas aux apparitions du Christ au jour de la résurrection, mais plutôt à la fin de l’âge apostolique. M. Max B. Turner écrit: « On soutient que l’observation du Sabbat au premier jour ne peut pas être facilement compris comme étant un phénomène de l’âge apostolique, ou de l’autorité apostolique  ».

Conclusion.

Résumant le point de vue de l’abrogation du Sabbat, on peut dire qu’il est basé sur une distinction radicale entre l’Ancien et le Nouveau Testament, laquelle est interprétée en termes de discontinuité entre le Sabbat et le Dimanche. On verra plus tard que cette notion d’une discontinuité radicale entre la loi et la grâce, le judaïsme et le christianisme, l’Ancien et le Nouveau Testament, est basée sur une fantaisie plutôt que sur des faits. Ceux qui sont en faveur du point de vue de l’abrogation sont d’accord avec leur confirmation de la fin du Sabbat par la venue du Christ, mais ils sont en désaccord pour expliquer quand l’observation du Dimanche commença réellement.