• Levez vos yeux en haut, et regardez! Qui a créé ces choses? Qui fait marcher en ordre leur armée? Il les appelle toutes par leur nom; Par son grand pouvoir et par sa force puissante, Il n’en est pas une qui fasse défaut. Isaïe 40:26

Science et religion, un partenariat

Résumé - Cet article examine le véritable objectif des sciences naturelles : étudier la nature dans le but de découvrir son fonctionnement, ses origines et son avenir ; découvrir que son origine exige un acte créateur ; et, plus important encore, apprendre à découvrir le caractère du Créateur pour nous préparer à établir une relation vivante avec lui. On découvrira ainsi que la véritable science et la véritable théologie sont des activités humaines complémentaires qui ont toutes deux besoin de l'inspiration divine pour remplir leur but.

Nous vivons une époque apocalyptique. Au fur et à mesure que nous approchons de l'an 2000, le nombre de prophètes de malheur qui nous incitent à nous préparer pour la grande catastrophe finale augmente sans cesse. Et en même temps le volume du bruit qu'ils font. Cependant, il y a aussi d'autres prophètes. Des prophètes qui nous dépeignent les progrès de la sagesse humaine, des connaissances scientifiques et des merveilleuses technologies qui nous appartiendront au cours du prochain siècle et du prochain millénaire. Des prophètes qui nous parlent de nous élever nous-mêmes au niveau des dieux lorsque nous aurons appris la règle du jeu au cours du nouveau siècle qui s'ouvre devant nous.

À une époque où les religions millénaires paraissent souvent démodées et désespérément irréalistes, on pose souvent la question: Quel est le rôle du christianisme ? » « Le christianisme peut-il nous amener en sécurité jusqu'au prochain millénaire et nous le faire traverser ? » Dans cette étude, j'ai l'intention d'examiner les objectifs de la science et de la religion, et de suggérer comment une nouvelle relation entre les deux peut en même temps réaliser leurs objectifs originaux et apporter une véritable richesse à l'humanité.

Je parlerai de la science du point de vue d'un astronome ayant un vif intérêt pour ce qui est cosmologique, c'est-à-dire les questions touchant aux origines, au présent et à l'avenir de l'Univers dans lequel nous vivons. Lorsque je parlerai de religion, je parlerai en tant que chrétien adventiste du septième jour intéressé par les prophéties, c'est-à-dire par les questions touchant au passé, au présent et à l'avenir de l'humanité, aussi bien collectivement qu'individuellement.

Les objectifs du christianisme

La religion, aussi bien en tant que « système particulier de foi et de culte » que « reconnaissance par les hommes d'un Dieu personnel qui a droit à l'obéissance et au culte1 » est aussi vieille que l'humanité. La Bible nous présente une claire image d'un Dieu qui a créé les premiers êtres humains (Ge 1.26,27; 2.18,21-23), qui les instruit dans l'art de vivre (par exemple, Ex 20.1-17; Mi 6.8; Mt 22.36-40), qui les sauve de leur condition humaine et de leur incapacité d'atteindre le niveau élevé qu'il leur propose (Éz 36.26,27; Ro 7.24,25a; Eph 5.25-27) et qui leur promet un avenir de bonheur et d'accomplissement éternels (Jn 14.1-3; Ap 21 et 22). La Bible, mise par écrit par des hommes pieux, mais inspirée par Dieu lui-même (2 Pi 1.21) nous a été donnée pour que nous puissions connaître Dieu et entrer avec lui dans cette relation toute spéciale qui permet le plein développement de notre potentiel. « Connaître Dieu » me paraît être le principal objectif de la Parole écrite, objectif qui inclut tous les autres objectifs du christianisme (Jn 17.3).

Jean reprend ce thème, « connaître Dieu » dans sa première épître (1Jn 2.13,14), dans laquelle ce thème est étroitement associé aux deux autres aspects de la relation de 1'homme avec Dieu. Dieu nous y est présenté comme « celui qui est dès le commencement », et les destinataires de cette épître ont « vaincu le Malin » à cause de la Parole de Dieu qui demeure en eux. Au chapitre 5 de cette même épître, Jean parle de « triompher du monde » (1Jn 5.4,5), ce qui est équivalent à triompher du Malin (1Jn 5.19) ; et il mentionne la foi en Jésus-Christ, le Fils de Dieu, comme un élément indispensable pour remporter une telle victoire. Bien qu'il faille reconnaître que « notre foi », avec tous les autres éléments que nous avons ou pouvons avoir, est un don de Dieu (Ro 12.3), elle ne peut avoir de véritable valeur que lorsque nous l'exerçons (Ja 2.17). C'est ainsi que la Bible nous invite à avoir la foi, le genre de foi sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu (He 11.6), celle qui accepte que Dieu « est dès le commencement » (1Jn 2.13) et le candidat suprême au titre de « Créateur de l'Univers ». C' est pourquoi, dès le début de cette étude, je vous invite à avoir foi en Dieu comme seul et unique Créateur (És 45.12,18) et, par conséquent, seul Rédempteur possible (Ac 4.12).

Or la Bible affirme très clairement que notre Dieu a préparé un « plan du salut », par lequel l'objectif premier de sa création, quoique détruit par notre désobéissance, peut être restauré de manière à ce que nous y participions tous. Pour que nous ne risquions pas de passer à côté de cette « occasion d'une vie » (dans le sens littéral du mot) , Dieu a fait tout ce qui était possible pour nous faire connaître qui il est, ce qu'est son plan à notre égard et comment nous pouvons en bénéficier. On trouve un bref résumé de cette auto-révélation de Dieu dans sa Parole, y compris Jésus-Christ, la Parole incarnée, et dans ses oeuvres, c'est-à-dire ses actes créateurs, qu'ils soient physiques, mentaux ou spirituels.

Les objectifs de la science

Dans ce qui suit, je me concentrerai sur la manière dont il se fait connaître à nous par sa création physique, c'est-à-dire le monde naturel, spécialement celui qui est étudié par les astronomes, l'Univers. Mais nous devons d' abord examiner les objectifs de la science et voir si elle a avec le christianisme des relations possibles que nous puissions explorer.

Pour simplifier notre étude sur les objectifs de la science, je me limiterai aux sciences pures, et, parmi celles-ci, plus particulièrement à l'astronomie comme l'un des meilleurs exemples de science pure. Je ne traiterai pas des sciences appliquées puisque, de toute évidence, leur objectif doit être l'application aux situations humaines des connaissances obtenues par les sciences pures, dans le but d'améliorer la qualité de notre existence - quelle que soit la compréhension que l'on a de l' amélioration de celle-ci.

De nombreux livres d'astronomie commencent en affirmant que 1'homme regarde le ciel depuis ses débuts et qu'il a toujours essayé d'en savoir davantage sur les étoiles, de découvrir le comment et le pourquoi de leur existence, et si et comment leur existence a un rapport avec la sienne. Voilà le premier objectif de la science : satisfaire notre curiosité. Cependant, s'il ne s'agissait que de satisfaire notre curiosité, la plupart des disciplines scientifiques les plus coûteuses (et, parmi celles-ci, certainement l'astronomie) auraient été abandonnées au profit d'autres besoins humains et physiques plus pressants.

Les besoins physiques élémentaires de l'homme - se nourrir et avoir un toit - doivent être satisfaits de manière acceptable avant qu'il puisse penser à consacrer ses maigres ressources à satisfaire sa curiosité. On le voit clairement lorsqu'on regarde les différentes nations et que l'on voit lesquelles ne possèdent aucun programme de recherche astronomique. A part certains très petits pays, tous ces pays font partie des nations en voie de développement les plus pauvres. Cependant, dans les pays riches, la raison principale poussant à s'engager dans des recherches purement scientifiques n' est pas la satisfaction de la curiosité humaine. Le désir de connaître la Nature pour la maîtriser à notre avantage est un argument beaucoup plus puissant pour justifier la recherche scientifique. L'homme a cette illusion que la domination de la Nature apportera de grands bienfaits matériels. Bien entendu, l'idée n'est pas nouvelle. Lorsque Dieu ordonna aux premiers humains de soumettre la création (Ge 1.28), c'était avec l'idée précise que cette activité apporterait des bienfaits physiques et spirituels : « Ce sera votre nourriture.» (Ge 1.29) « Heureux ce serviteur que son maître, à son arrivée, trouvera occupé de la sorte ! » (Lc 12.43)

Bien que cette notion de prospérité et de richesse, comme produit de notre recherche scientifique, ne soit pas nouvelle, nous nous rendons compte, bien entendu, qu'aujourd'hui, à la fin de notre Xxe siècle, la prospérité et la richesse sont interprétées d'une manière presque purement matérielle. La dimension spirituelle incluse dans le contrat originel entre Dieu et l'homme a été en grande partie mise de côté. Je crois que la science a beaucoup à gagner en incluant de nouveau dans son programme ces valeurs originelles.