• Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. Actes 1:8–9

Le don du Saint-Esprit

 

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Le temps n'a rien changé à la promesse du Christ d'envoyer son représentant : le Saint-Esprit. Si les richesses de sa grâce ne se répandent pas aujourd'hui avec plus d'abondance sur les hommes, ce n'est pas parce qu'il les accorde avec parcimonie. Si l'accomplissement de la promesse n'est pas visible comme il devrait l'être, c'est parce que celle-ci n'est pas appréciée à sa juste valeur. ... vers la fin de la moisson du monde, une effusion spéciale des grâces divines est promise à l'Église pour la préparer en vue de l'avènement du Fils de l'homme.

Le don du Saint-Esprit

Lorsque le Christ promit à ses disciples de leur envoyer le Saint-Esprit, il approchait du terme de son ministère. Il affrontait le supplice de la croix du Calvaire avec la pleine conscience du fardeau des péchés du monde qui allait peser sur lui.

Mais avant de s'offrir lui-même comme victime expiatoire, il promit à ses disciples le don le plus essentiel et le plus complet qui soit, celui qui mettrait à leur portée les ressources infinies de sa grâce.

« Je prierai le Père, leur dit-il, et il vous donnera ... l'Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit point et ne le connaît point; mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous. » (Jean 14:16,17) Le Sauveur faisait allusion au temps où le Saint-Esprit, son représentant, viendrait accomplir une oeuvre puissante. Le mal qui s'était accumulé pendant des siècles devait être mis en échec par ce pouvoir divin.

Quels furent les résultats de l'effusion de l'Esprit au jour de la Pentecôte? La bonne nouvelle d'un Sauveur ressuscité fut proclamée jusqu'aux extrémités du monde habité.

Tandis que les disciples annonçaient le message de la grâce rédemptrice, les coeurs cédaient à sa puissance. L'Église voyait venir à elle de nombreux convertis de toutes les classes de la société. Les apostats revenaient à la foi, les pécheurs s'unissaient aux croyants pour rechercher la perle de grand prix. Quelques-uns de ceux qui avaient été les ennemis les plus acharnés de l'Évangile devenaient ses meilleurs défenseurs. La prophétie s'accomplissait : « Le faible parmi eux sera dans ce jour comme David; la maison de David sera comme Dieu, Comme l'ange de l'Éternel. » (Zacharie 12:8)

Chaque chrétien voyait dans son frère une révélation de l'amour divin. Un seul intérêt prévalait, un seul sujet d'émulation éclipsait tous les autres : refléter le caractère du Christ, travailler à l'édification de son royaume. « Les apôtres rendaient avec beaucoup de force témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus. Et une grande grâce reposait sur eux tous. » (Actes 4:33)

Les efforts déployés par les disciples permirent à des hommes d'élite de s'ajouter à l'Église. Ceux-ci, recevant la Parole de vie, se consacraient à leur tour à la tâche dont le but consistait à communiquer aux autres l'espérance qui remplissait leur coeur de paix et de joie. Les menaces ne pouvaient ni les retenir ni les intimider. Le Seigneur parlait par eux, et tandis qu'ils allaient de lieu en lieu, l'Évangile était prêché aux pauvres, et des miracles de la grâce divine s'opéraient. Ainsi, le Seigneur peut agir avec puissance lorsque les hommes s'abandonnent au contrôle de son Esprit.

La promesse du Saint-Esprit n'est pas limitée

La promesse du Saint-Esprit n'est pas limitée à une époque ou à une race. Le Christ a déclaré que cette divine influence serait avec ses disciples jusqu'à la fin du monde.

Depuis le jour de la Pentecôte jusqu'aux temps actuels, le consolateur a été envoyé à tous les hommes qui se sont consacrés au service de Dieu; et à tous ceux qui ont accepté Jésus comme Sauveur personnel, le Saint-Esprit a été donné comme conseiller, comme moyen de sanctification, comme guide et comme témoin. Plus les croyants se sont tenus près de Dieu, plus nettement et plus puissamment ils ont expérimenté l'amour de leur Rédempteur et de sa grâce salvatrice. Les hommes et les femmes qui, pendant de longs siècles de persécutions et d'épreuves, jouirent dans une large mesure de la présence du Saint-Esprit, ont été comme des signes et des prodiges dans le monde. Devant les anges et devant les hommes, ils ont révélé la puissance transformatrice de l'amour rédempteur.

Ceux qui, au jour de la Pentecôte, furent revêtus du don d'en haut, n'étaient pas pour cela préservés de tentations et d'épreuves. Tandis qu'ils témoignaient pour la vérité et la justice, l'ennemi de toute vérité les assaillait fréquemment et cherchait à leur ravir les bienfaits de leur expérience chrétienne. Ils étaient appelés à combattre avec toute la puissance que Dieu mettait à leur disposition pour atteindre la stature parfaite d'hommes et de femmes en Jésus-Christ. Ils priaient chaque jour pour obtenir de nouvelles grâces, afin de s'élever de plus en plus vers la perfection. Sous l'action puissante du Saint-Esprit, et en exerçant la foi en Dieu, les plus faibles mêmes apprenaient à développer les facultés que le Seigneur leur avait confiées, et à se sanctifier, s'affiner, s'ennoblir. En toute humilité, ils se soumettaient a cette influence transformatrice, et recevaient toute la plénitude de Dieu, étant façonnés à son image.

La promesse du Saint-Esprit n'est pas appréciée

Le temps n'a rien changé à la promesse du Christ d'envoyer son représentant : le Saint-Esprit. Si les richesses de sa grâce ne se répandent pas aujourd'hui avec plus d'abondance sur les hommes, ce n'est pas parce qu'il les accorde avec parcimonie.

Si l'accomplissement de la promesse n'est pas visible comme il devrait l'être, c'est parce que celle-ci n'est pas appréciée à sa juste valeur. Tous seraient remplis du Saint-Esprit, à condition qu'ils le veuillent.

Partout où le besoin de l'Esprit est méconnu, on constate une sécheresse spirituelle, des ténèbres, le déclin, et enfin la mort. Bien qu'offerte avec une infinie plénitude, la puissance divine nécessaire au développement et à la prospérité de l'Église reste déficiente chaque fois que les sujets secondaires occupent l'esprit.

Puisque nous pouvons recevoir la puissance d'en haut, pourquoi n'avons-nous pas faim et soif du don du Saint-Esprit? Pourquoi n'en parlons-nous pas et ne prions-nous pas pour l'obtenir? Pourquoi ne prêchons-nous pas sur ce sujet? Le Seigneur est cependant plus disposé à nous l'accorder que ne le sont les parents à donner de bonnes choses à leurs enfants.

Tout serviteur de Dieu devrait demander au Seigneur de le baptiser chaque jour de l'Esprit.

Que des groupes de croyants se forment pour réclamer le secours et la sagesse célestes, afin qu'ils puissent concevoir et exécuter de sages projets.

Qu'ils prient surtout pour que Dieu accorde son Esprit dans une riche mesure à ceux qu'il a choisis comme ses ambassadeurs dans les champs missionnaires. La présence du Saint-Esprit chez les serviteurs de Dieu apportera à la proclamation de la vérité une force que tous les honneurs et toute la gloire du monde ne sauraient donner.

Le Saint-Esprit repose sur les serviteurs de Dieu consacrés à son service, où qu'ils soient. Les paroles adressées aux disciples sont aussi pour nous. Le consolateur est aussi bien le nôtre que le leur. L'Esprit donne la force qui soutient en toute circonstance l'âme qui lutte et combat au milieu de la haine du monde, ainsi que la claire vision de ses erreurs et de ses échecs. Dans la peine et l'affliction, quand l'horizon paraît sombre et l'avenir incertain, quand nous nous sentons faibles et abandonnés, c'est alors que le Saint-Esprit, en réponse à la prière de la foi, vient réconforter notre coeur.

Le fait qu'une personne soit amenée à vivre une extase mystique dans des circonstances exceptionnelles ne prouve pas d'une manière évidente qu'elle est chrétienne.

La sainteté n'est pas une extase, c'est un abandon total à la volonté de Dieu. C'est vivre de chaque parole qui émane de sa bouche, accomplir sa volonté, se réfugier en lui dans l'épreuve, dans les ténèbres aussi bien que dans la lumière; c'est marcher par la foi et non par la vue, s'appuyer sur Dieu en toute confiance et se reposer sur son amour.


Nature et rôle du Saint-Esprit

Il n'est pas essentiel pour nous d'être capables de définir exactement ce qu'est le Saint-Esprit. Jésus nous dit que l'Esprit est « le consolateur, l'Esprit de vérité, qui vient du Père ». Il est clairement déclaré à propos du Saint-Esprit que dans son oeuvre destinée à révéler aux hommes toute la vérité, « il ne parlera pas de lui-même » (Jean 15:26; 16:13).

La nature du Saint-Esprit est un mystère. Les hommes ne peuvent l'expliquer, parce que le Seigneur ne le leur a pas révélé.

D'aucuns, aux vues fantaisistes, peuvent rapprocher des passages de l'Écriture et les interpréter à la manière humaine, mais l'acceptation de ces vues ne fortifiera pas l'Église. À l'égard de tels mystères, qui demeurent trop profonds pour l'entendement humain, le silence est d'or.

Le rôle du Saint-Esprit est clairement défini dans ces paroles du Christ : « Quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement. » (Jean 16:8)

C'est le Saint-Esprit qui convainc de péché. Si le pécheur se laisse toucher par son influence vivifiante, il sera amené à la repentance et comprendra l'importance d'obéir aux ordres de Dieu.

Au pécheur repentant, qui a faim et soif de justice, le Saint-Esprit révèle « l'Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ». « Il me glorifiera, a dit le Christ, parce qu'il prendra de ce qui est à moi, et vous l'annoncera. » Et il ajoute : « Le consolateur, l'Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera

tout ce que je vous ai dit. » (Jean 16:14; 14:26)

Le Saint-Esprit exerce une influence régénératrice, et rend effectif le salut acquis par la mort de notre Rédempteur. Il cherche sans relâche à attirer l'attention des hommes sur le grand sacrifice qui a été accompli sur la croix du Calvaire, pour révéler au monde l'amour divin et ouvrir à l'âme qui s'abandonne au Seigneur les trésors de l'Écriture.

Après avoir convaincu les hommes de péché, et présenté à leur esprit l'idéal de la justice, le Saint-Esprit détache l'âme des choses de la terre et la remplit du désir de la sainteté. « Il vous conduira dans toute la vérité » (Jean 16:13), avait dit Jésus. Si l'homme consent à être transformé, son être tout entier sera sanctifié ; le Saint-Esprit gravera les choses divines dans son âme. Grâce à lui, le chemin de la vie deviendra si clair que nul ne sera sujet à l'erreur.

L'Esprit se sert des hommes pour l'accomplissement des desseins de Dieu

Dès les origines, Dieu, par son Esprit, s'est servi d'instruments humains pour accomplir ses desseins en faveur d'un monde perdu. Ce fut manifeste dans la vie des patriarches. Dans le désert, au temps de Moïse, le Seigneur donna aux hommes son « bon esprit pour les rendre sages » (Néhémie 9:20). Aux jours des apôtres, il agit puissamment par l'intermédiaire du Saint-Esprit. C'est lui qui anima les patriarches, donna foi et courage à Caleb et à Josué, rendit efficace le travail de l'Église apostolique, et soutint les fidèles enfants de Dieu au cours des siècles qui se sont succédé. C'est par cette puissance du Saint-Esprit que les Vaudois, au Moyen Age, contribuèrent à préparer la voie à la Réforme. C'est encore elle qui couronna de succès les efforts de ces hommes et de ces femmes nobles qui jouèrent le rôle de pionniers lors de l'établissement des missions dans les temps modernes, et préparèrent la traduction de la Bible en langues et dialectes de toutes les nations et de tous les peuples.

Aujourd'hui, Dieu se sert encore de son Église pour faire connaître ses desseins : les hérauts de la croix vont de ville en ville, et de pays en pays, pour préparer la voie à la seconde venue du Christ.

La loi divine a été exaltée; l'Esprit du Tout-Puissant opère dans les coeurs, et ceux qui se soumettent à son influence deviennent des témoins de Dieu et de sa vérité. On peut voir, dans maints endroits, des hommes et des femmes consacrés communiquer à leurs

semblables la lumière qui, par le Christ, leur a clairement révélé le chemin du salut. Et à mesure que resplendit leur lumière, comme le firent au jour de la Pentecôte tous ceux qui furent baptisés du Saint-Esprit, ils reçoivent cette puissance en plus grande abondance. Ainsi, toute la terre sera éclairée de la gloire de Dieu.

Mais, au lieu de tirer parti des occasions qui se présentent à eux, d'aucuns attendent passivement quelque effusion particulière de rafraîchissement spirituel susceptible d'accroître leurs capacités pour éclairer leurs semblables. Ils négligent leurs devoirs et leurs privilèges, et laissent cette lumière en veilleuse. Ils espèrent des temps plus favorables où, sans aucun effort de leur part, ils seront l'objet de bénédictions spéciales qui les transformeront et les rendront aptes à servir le Seigneur. Il est vrai qu'au temps de la fin, lorsque s'achèvera l'oeuvre de Dieu sur la terre, les efforts soutenus déployés sous l'influence du Saint-Esprit par des croyants consacrés seront accompagnés de signes spéciaux de la faveur divine. Par l'image de la pluie de la première et de l'arrière-saison, qui tombe dans les pays orientaux à l'époque des semailles et de la récolte, les prophètes hébreux prédirent une ondée sans précédent de la grâce sur l'Église de Dieu. L'effusion de l'Esprit aux jours des apôtres, c'était la pluie de la première saison dont les résultats furent merveilleux. Ainsi, jusqu'à la fin des temps, la présence de l'Esprit demeurera dans la véritable Église.

Une effusion spéciale promise: la pluie de l'arrière saison

Mais vers la fin de la moisson du monde, une effusion spéciale des grâces divines est promise à l'Église pour la préparer en vue de l'avènement du Fils de l'homme. Cette effusion de l'Esprit est comparée à la pluie de l'arrière-saison;

c'est pour l'obtenir que les chrétiens doivent adresser leurs requêtes au Maître de la moisson, et « demander à l'Éternel la pluie du printemps ». « L'Éternel produira des éclairs, et il vous enverra une abondante pluie. » « Car il vous donnera la pluie en son temps, Il vous enverra la pluie de la première et de l'arrière-saison. » (Zacharie 10:1; Joël 2:23) Mais si les membres de l'Église de Dieu, aujourd'hui, ne vont pas s'abreuver à la source de toute croissance spirituelle, ils ne sauraient être prêts pour la moisson. Si leurs lampes n'ont pas d'huile et ne sont pas allumées, ils ne pourront recevoir une grâce supplémentaire au temps où ils en auront plus particulièrement besoin.

Seuls ceux qui reçoivent constamment de nouvelles grâces obtiendront une puissance proportionnée à leurs besoins quotidiens et à leurs possibilités. Au lieu d'espérer en des temps futurs qui, par un don particulier de l'Esprit, leur accorderaient un merveilleux pouvoir pour gagner des âmes, ils s'abandonnent chaque jour au Seigneur qui fera d'eux des vases destinés à son service. Ils profitent jour après jour des occasions qui se présentent à eux pour servir Dieu. Jour après jour, ils témoigneront pour le Maître, où qu'ils se trouvent, soit dans l'humble cercle de leur foyer, soit publiquement.

C'est une consolation merveilleuse pour le serviteur de Dieu de savoir que le Christ lui-même, pendant sa vie ici-bas, réclamait à son Père, jour après jour, la grâce qui lui était nécessaire. Par cette communion avec Dieu, il lui était possible d'apporter aux hommes force et bénédiction. Contemplez-le tandis qu'il est prosterné, en prière, devant son Père! Bien que Fils de Dieu, il fortifie ainsi sa foi. Et par sa communion avec le ciel, il reçoit des forces nouvelles pour lui-même, afin de résister au mal et de pourvoir aux besoins des hommes. En tant que frère aîné de notre race, il peut secourir ceux qui, en proie à la faiblesse, dans un monde de péché et de tentations multiples, désirent le servir. Il sait que ses messagers sont des créatures faibles et vacillantes; mais à ceux qui se donnent sans réserve à son service, il promet son aide divine. En nous inspirant de son exemple, nous pouvons être assurés que toute requête fervente et persévérante adressée au Seigneur avec foi -- cette foi qui conduit à une entière dépendance de Dieu et à une consécration absolue à son service -- nous permettra de procurer aux hommes le secours du Saint-Esprit dans la lutte contre le péché.

Tout serviteur de Dieu qui suit l'exemple du Christ sera préparé pour recevoir et utiliser la puissance que le Seigneur a promise à son Église en vue de la moisson du monde.

Jour après jour, tandis que les hérauts de l'Évangile se prosternent devant Dieu pour renouveler leur consécration à son service, il leur accorde la présence de son Esprit, cette puissance vivifiante et sanctifiante. Et tandis que ces serviteurs se consacrent à leur tâche quotidienne, ils ont l'assurance que cette influence invisible les rend capables d'être des « ouvriers avec Dieu ».

(Ce texte est extrait du livre Conquérants pacifique. chapitre "Le don du Saint-Esprit")