• C'est ici la persévérance des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus. (Apocalypse 14:12)

  • Ecoutons la fin du discours: Crains Dieu et observe ses commandements. C'est là ce que doit faire tout homme. (Ecclésiaste 12:13)

Paul et la loi

Dans la discussion du Sabbat-Dimanche, il fut de coutume d’appeler à Paul dans la défense de la vue de l’abrogation de la loi de l’Ancien Testament, en général, et du Sabbat, en particulier. Etant donné l’immense importance attribuée aux commentaires de Paul concernant la loi et le Sabbat, dans ce chapitre, nous considérerons l’attitude de Paul envers la loi en général. Cette étude fournira la base pour examiner, dans le chapitre suivant, la vue de Paul du Sabbat en particulier.

La procédure.

Pour déterminer la vue de Paul sur la loi, nous procéderons en examinant, premièrement la tension apparente entre les énoncés négatifs et positifs de Paul au sujet de la loi. Secondement, nous nous efforcerons de trouver une solution à cette tension, en faisant une distinction dans les écrits de Paul, entre les fonctions morales et de sotériologie de la loi, et en reconnaissant que sa critique de la loi est dirigée, pas vers les Juifs Chrétiens, mais vers les Gentils judaïsants.

1. Les usages du terme « loi »

Significations variées.

Paul emploie ce terme « loi—nomos » au moins 110 fois dans ses épîtres, mais pas d’une façon uniforme. Le même terme « loi » est employé par Paul se référant à de telles choses comme la loi mosaïque (Ga 4:21; Rm 7:22,25; 1 Co 9:9), tout l’Ancien Testament (1 Co 14:21; Rm 3:19,21); la volonté de Dieu écrite dans le coeur des Gentils (Rm 2:14-15); le principe gouvernant la conduite (oeuvres ou foi— Rm 3:27); les mauvaises inclinations (Rm 7:21) et la direction de l’Esprit (Rm 8:2).

Quelquefois le terme « loi » est employé par Paul d’une façon personnelle, comme si elle était Dieu Lui-même: « Tout ce que dit la loi, elle le dit à ceux qui sont sous la loi » (Rm 3:19). Ici le mot « loi » pourrait être remplacé avec le mot « Dieu » (cf. Rm 4:15; 1 Co 9:8).

Notre intérêt immédiat n’est pas de constater les usages variés Paulinien du terme « loi », mais plutôt d’établir le point de vue de l’apôtre envers la loi de l’Ancien Testament, en général. Paul, enseigna-t-il que le Christ abrogea la loi mosaïque en particulier et/ou la loi de l’Ancien Testament en général, et que, par conséquent, les Chrétiens ne sont pas obligés de les observer? Cette vue a prédominé dans la plupart de l’histoire chrétienne, et est encore obstinément défendue par de nombreuses églises antinomiennes.

2. Un double concept de la loi

Une tension apparente.

Plusieurs études récentes ont relevé cette interprétation traditionnelle. Il est signalé par exemple que Paul a un « double concept » de la loi, « disant parfois qu’elle est bonne et a été accomplie en Christ, et parfois qu’elle est mauvaise et a été abolie en Christ.»[1]

Dans Éphésiens 2:15, Paul parle de la loi comme ayant été « aboli » la loi (Ep 2:15TOB) par le Christ, tandis que dans Romains 3:31, il explique que la justification par la foi en Jésus-Christ ne renverse pas la loi, mais la « confirme ». Dans Romains 7:6, il déclare que maintenant nous sommes « dégagés de la loi » (Rm 7:6), tandis que quelques verset après, il écrit que « la loi est sainte, et le commandement saint, juste et bon » (Rm 7:12).

Dans Romains 10:4, Paul écrit que le « Christ est la fin de la loi », tandis que dans le chapitre 8:3-4, il explique que le Christ vint « dans une chair semblable à celle du péché… et cela, pour que la justice prescrite par la loi soit accomplie en nous ». Dans Romains 3:28, il maintient que « l'homme est justifié par la foi, sans les oeuvres de la loi », cependant dans 1 Corinthiens 7:19, il déclare que « la circoncision n’est rien, et l’incirconcision n’est rien, mais c’est l’observation des commandements de Dieu (qui compte) ». Dans 2 Corinthiens 3:7, Paul désigne la loi comme « le ministère de la mort », tandis que dans Romains 3:2, il la voit comme une part des « oracles de Dieu » confiés aux Juifs.

Une résolution de la tension.

Est-il possible de réconcilier les énoncés de Paul apparemment contradictoires concernant la loi? Comment Paul peut-il voir la loi comme « abolie » (Ep 2:15) et en même temps « confirmée » (Rm 3:31); inutile (Rm 3:28) et nécessaire (1 Co 7:19; Ep 6:2,3; 1 Tm 1:8-10)?

Une explication populaire dit que les énoncés négatifs de Paul, se rapportent à la loi cérémonielle de Moïse, tandis que les énoncés positifs, se rapportent à la loi morale des dix commandements. Cependant, une telle explication, est basée sur une distinction arbitraire entre les lois morales et cérémonielles, laquelle ne peut pas être trouvée dans les écrits de Paul.

L’explication correcte se trouve dans les contextes différents dans lesquels Paul parle de la loi. Quand il parle de la loi, dans le contexte de salut (justification— déclarer juste devant Dieu) il affirme clairement que l’observation de la loi, est sans effet (Rm 3:20).

De l’autre côté, quand Paul parle de la loi dans le contexte de la conduite chrétienne (sanctification— vivant juste devant Dieu), alors il maintien la validité et la valeur de la loi de Dieu (Rm 7:12; 13:8-10; 1 Co 7:19). Par exemple, quand Paul parle des formes variées de la perversité humaine, dans 1 Tm 1:8-10; il affirme explicitement « nous savons bien que la loi est bonne » (v.8).

La croix du Christ.

La croix du Christ est centrale à la compréhension de Paul envers la loi. De cette perspective, il annule ou affirme la loi. Négativement, l’apôtre répudie la loi comme base de la justification: « Si la justice (s'obtient) par la loi, Christ est donc mort pour rien » (Ga 2:21).

Positivement, Paul enseigne que la loi est « spirituelle, bonne, sainte et juste » (Rm 7:12, 14, 16; 1 Tm 1:8) parce qu’elles expose le péché et révèle les standards moraux de Dieu. Ainsi il déclare que le Christ vint « pour que la justice prescrite par la loi soit accomplie en nous » par le pouvoir dynamique de on Esprit (Rm 8:4).

Trois fois Paul affirme que « la circoncision n’est rien, et l’incirconcision n’est rien » et chaque fois il conclue cette déclaration avec une expression différente: « mais c’est l’observation des commandements de Dieu (qui compte) » (1 Co 7:19); « mais la foi qui est agissante par l’amour » (Ga 5:6); « c’est d’être une nouvelle créature » (Ga 6:15). Le parallélisme suggère que Paul met en équation l’observation des commandements de Dieu, avec une foi agissante et une nouvelle vie en Christ. Le chrétien, alors, n’est pas sous la loi, comme moyen de salut, mais est sous la loi, comme une révélation de Dieu des critères moraux pour sa vie. Paul rejette la loi en tant que moyen de salut, mais il l’établit comme critère, pour la conduite chrétienne.